‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 96 sur 200 · CHAPITRE XIV. aSy · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. aSy

rennemi fait aussi deux corps, mais qu'il leur donne une direction telle cjii'il pût les réunir plus promptement.

On voit donc que Bulow est parti d'un principe absolument faux; son ouvrage a dû. nécessairement s'en ressentir, et renfermer des maximes dangereuses.

Nou^ allons passer maintenant à l'examen des lignes d'opérations les plus importantes , qui ont eu lieu depuis la guerre de sept ans, en 1756, jusqu'en 1800. Nous les appliquerons aux différentes classes que l'on vient de lire; et après en avoir comparé les résultats avec les causes , nous justifierons par cette masse de preuves , les maximes posées dans le chapitre VII.

Observations sur les trois lignes d'opérations de Frédéric en 17 56, 1757, 1758, et les lignes défensives qu'il adopta les campagnes suivantes.

Un plan de campagne repose sur six combinaisons essentielles : 1° La situation politique des deux partis; 2° la situation du moment; 3° la force relative et les moyens de guerre; 4° 1^^ r»3pai^tilion et l'emplacement des armées; 5° la ligne d'opérations naturelle ; 6'^ la ligue la plus avantageuse.

Je ne prétends pas qu'il faille arrêter un plan de campagne uniquement d'après une bakuce

exacte des moyens de guerre; on m'accordera seulement, qu ils y entrent pour beaucoup. Ces plans, qui ne sont autre chose que le choix, des lignes-manœuvres, sont soumis à beaucoup de considérations accessoires; mais je pense qu'elles doivent être subordonnées aux règles de l'art, aux principes invariables , reconnus pour en faire la base. La hardiesse, l'audace même, ces qualités , souvent nécessaires et décisives , sont toujours compatibles avec leur application. Les plus grandes preuves que l'histoire puisse nous en fournir , sont les opérations de Tarmée de réserve , en 1800. Aucune entreprise ne fut plus hardie, aucune ne fut plus riche en grandes combinaisons, aucune n'était plus prudente et plus sage, puisqu'elle menaçait l'ennemi d une ruine totale , sans courir d'autre risque que le sacrifice de l'extrême arrière-garde.

En appliquant ces maximes aux différentes lifi^Ties d'opérations de Frédéric, on sera forcé de contenir que les plans accidentels qui lui furent inspirés , dans le cours d'une campagne , par la tournure des évéuemens , remportèrent; de beaucoup sur ses plans primitifs.

On a vu , par la description du théâtre de la guerre, que la Prusse avait trois lignes d'opérations contre l'Autriche, celle de gauche contre la Moravie, celle du centre sur la Bohême, celle de droite sur la Saxe. La première était la plus

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