‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 101 sur 121 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

réfatatioii de son commentateur , il importe de considérer l'ensemble dn pian des Prussiens, et la part que le duc de Bévern devait avoir à son exécu'ion.

L'inteii'ion de Frédéric était de donner, aux lignes d'opérations des coalisés , une direction, ecctérieure ^ et à celle de ses A2,\\%. armées , une direction intérieure , pour les mettre à même de se soutenir et de se réunir au besoin : outre cela, le duc devait , autant que possible , empêcher les Autrichiens de faire de grands progrès en Silésie, afin qu'au retour du roi , on put les rejeter en Bohême. 11 exécuta assez bien cette première partie du plan qui lui était confié, mais les opérations du roi ayant été prolongées par la constance de Soubise à refuser une bataille , le duc ne put s'acquitter de même de la seconde. Les progrès que firent les Autrichiens doivent donc être attribués à la longue absence du roi , et prouvent que , pour opposer avec succès deux ligues intérieures à l'ennemi , il ne faut pas trop éloigner ses deux armées , parce qu'il pourrait tomber sur celle qui serait alïaiblie et destinée seulement à observer, et avoir le temps de faire des conquêtes solides , dont ou ne serait pas dédommagé par les avantages obtenus sur un autre point.

L'armée du duc de Bévern était composée de 58 bataillons et ii o escadrons, qu'on nepeut estimer quà 40 raille combattans : après la perte de

aSo TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

deux batailles et la tléseï tion , il ne paraissait pas possible, avec des forces aussi inférieures, de lutter avec avantage contre 80 à 85 mille combattans , de conserver en même temps les communications de lEfbe el de la Silésie ; si cela eût été faisable pour un moment, ce ne pouvait être qu'en prenant la position de Goerlitz , d'où Ton arrivait également à Liegnitz et à Dresde aussitôt que l'ennemi.

Les détacbemens , que Lloyd aurait voulu placer à Lauban etàBautzen, eussent mal rempli son but ; car composés en grande partie de cavalerie, les Autricbiens les auraient facilement expulsés, en employant contre eux les deux armes supérieures en nombre. Une armée plus iàible que celle qu'elle a en tête ne saurait faire de détacbemens sans s'exposer à être battue en détail. La position du duc était même un peu hasardée : iWinterfeld campait en deçà de la Neiss , entre Radmeritz et Buhra, avec i5 bataillons et 45 escadrons , ayant devant lui le général Nadasty : le prince François de Brunswick était à Bautzen avec 10 bataillons et quelques escadrons pour couvrir la boulangerie et les convois de Dresde : le duc se trouvait au centre avec le reste , entre Schoenau et Bernstadtel : son armée était donc <lisséminée vSur une ligne de 10 lieues , et chaque corps trop faible pour opposer une résistance eiïicace , si l'ennemi avait profité de sa supériorité

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