‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 102 sur 121 · CHAPITRE VIT. sSl · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT. sSl

pour en accabler un , pendant qu'il aurait fait inquiéter les autres.

11 est une maxime incontestable pour les petites arme'es , c'est d'agir toujours en masse , par son application seule , elles peuvent former quelque entreprise importante , en renonçant à tout couvrir pour ne viser qu'au but principal. T^e chef cVune petite armée doit avoir les yeux constamment fixés sur son adversaire ; non-seulement pour profiter de ses fautes , mais encore pour cherchera les provoquer, en rengageant soit à des entreprises sur des forteresses , soit à des diversions qui affaiblissent ses forces en les disséminant.

Une armée qui se trouve dans ce cas peut encore , par un mouvement dérobé et rapide , tomber sur un de ces détacliemens , et le ruiner avant qu'il ne soit soutenu. Le prince Henri en a donné deux exemples en 1709 , près de Hoyerswerda , contre le général Wehla , et dans la même campagne , près de Dommitsch , contre le corps de Gemmiugeu. De pareilles opérations rétablissent l'égalité numérique , et doublent les forces morales d'une armée inférieure.

Il semble donc que le duc devait chercher à réunir ses trois corps , dès que les circonstances le permettraient. Le roi lui avait recommandé de prendre un bon camp dans les environs de Goerlitz , aussitôt qu'il aurait consommé des fourrages qui se trouvaient à Bernstadtel.

Lloyd donne des louanges , bien peu méritées , à la conduite du prince Charles: il convient cependant qu'il aurait dû attaquer les Prussiens à Liegnitz, ou du moins envoyer 20 mille hommes pour assiéger Breslau , défendu à cette époque par une faible garnison, tandis que son armée eût couvert le siège.

Mais si les Impériaux furent blâmables den'a- Toir pas attaqué le prince de Prusse à Leipa , au mois de juillet, ils commirent une plus grande faute de se porter en Silésie , au mois de septembre , lorsque Frédéric était parti pour la Saxe , et que le sort de la campagne devait se décider sur TElbe ; ils auraient dû manoeuvrer vivement de Zittau sur Loebau , contre la droite du duc de Bévern, pour le couper d'avec le roi, et marcher sur Dresde , de concert avec l'armée combinée. On a prétendu faussement qu'on avait agrandi l'échelle des combinaisons de la guerre, dans les campagnes de la révolution ; car, déjà dans celle de 1707 , on combattit , depuis la Moravie jusqu'à l'embouchure de Weser , sur une ligne circulaire de trois cents lieues ; toutefois en donnant une telle extension à Téchelle des projets, ou n'opéra point de concert ; la médiocrité des résultats paya l'incohérence des entreprises. Pour Jàire la guerre en grand, il n'est pas nécessaire que l'échelle soit si étendue , ni qu'on l'embrasse dans tout son développement. Napoléon n'occupait

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