CHAPITRE VIII
d'attaquer une ligne par ses deux extrémités j à moins qu'on ne soit très-supérieur en nombre , attendu que , si une colonne était renforcée , l'ennemi pourrait accabler l'autre et rétablir l'équilibre des cbances ; d'ailleurs , on ne saurait déborder les extrémités d'une ligne y égale en force , avec des divisions suffisantes , sans étendre beaucoup la sienne, et isoler les attaques; c'est ce qu'ont également prouvé les batailles deNeerwinden, en 1793, etde Stockach, en 1799.
Enfin , on doit poser en principe , qu'une attaque de front est toujours inutile , lorsqu'on peut établir un effort concentré sur V extrémité d' une ligne y car alors de simples démonstrations suffisent.
Nous terminerons ici la relation de la campagne de 1757 , dans laquelle Frédéric frappa deux coups de maître , et déploya une grande vigueur. 11 y exécuta des mouvemens multipliés , et occupa 107 camps. Les combinaisons de sa première ligne d'opérations ne furent pas exemptes de blâme ; il ne choisit pas la plus convenable et l'embrassa avec deux armées isolées à une grande distance , comme nous l'avons déjà dit : cette faute lui serait devenue funeste s'il avait eu affaire à un général qui eût su appliquer les principes des masses centrales. Ses lignes secondaires après les batailles de Kollin, de Rosbach, ainsi que ses manœuvres dans cette bataille et dans celle de 1. 21
Leutlien , seront, sans contredit, un cligne sujet d'étude pour les militaires de tous les siècles.
Je ne reviendrai plus sur la conduite des Autrichiens , on a vu à la suite de chaque chapitre combien ils commirent de fautes. Les plus notables sont ,
1° D'avoir disséminé leurs forces sur cent lieues pour couvrir leurs frontières , depuis 01mutz jusqu'à Egra ;
2° De s'être laissé bloquer dans Prague avec des forces aussi imposantes ;
3° De n'avoir pas poursuivi le roi dans la soirée de la bataille de Kollin, en portant leur masse par leur gauche sur Planian ;
4° De n'avoir pas marché concentriquement sur la Saxe avec l'armée de Soubise ;
5° D'avoir négligé toutes les occasions d'accabler le duc de Bévern.
Ces fausses combinaisons tiennent à la direction des grandes opérations , et les généraux de cette puissance n'en eurent aucune idée dans tout le cours de cette guerre , comme on le verra par les événemens des campagnes suivantes. Leur pusillanimité devant le prince de Prusse à Leipa ; la manière fautive dont ils opérèient contre le duc de Bévern vers Goerlitz, au lieu de manoeuvrer contre sa droite pour le couper d'avec le roi et marcher ensuite sur lElbe ; linaclion dans laquelle ils restèrent devant lui pendant le