CHAPITRE I
ÏEger, et alla reprendre sans perte son ancien camp de Budyn.
Ainsi se termina l'affaire de Lowositz , qui commença à sept heures et finit à trois. Les deux partis s'attribuèrent la victoire; mais il faut convenir cpie les Prussiens y avaient plus de droit que les Autrichiens, si Ion en juge d'après les suites de l'action, qui seules doivent en décider. La perte des Autrichiens montait à 3 mille hommes; celle des Prussiens fut de 3,3oo tués, blessés ou prisonniers.
Le maréchal Brown ayant échoué dans le projet de secourir ses alliés par la rive gauche de l'Elbe, résolut de faire la même tentative sur la rive droite. 11 fut convenu que les Saxons passeraient l'Elbe près de Koenigslein , dans la nuit du 11 octobre, et attaqueraient les Prussiens le 12 au matin, pendant que le maréchal en ferait autant à Ratmansdorf et Borsdorf. Brown, à la tête d'environ 8 mille hommes, passa l'Elbe près de Raudnitz, marcha par Neustadlel , Rombourg et Hanspach, et arriva à Liclitenhayn , où il campa en attendant que les Prussiens et les Saxons fussent engagés.
Le temps avait été si pluvieux, que les Saxons ne purent passer l'Elbe que le i3, à quatre heu-^ res du matin, avec beaucoup de difficulté. Ce retard donna aux Prussiens le loisir de renforcer tous leurs postes; de sorte que les Saxons y trou-
vèreut des forces plus iiomiDreuses qu'ils ne pensaient. Le îeirain sur la droite de l'Elbe, aux environs de Pima et de Koenigstein, est coupé de montagnes couvertes de bois épais et de ravins profonds , où il j a très-peu de chemins praticables; les Prussiens les avaient occupées et fortifiées avec le plus grand soin par des ouvrages, des coupures et des abattis. On distingue parmi ces montagnes le Lilienstein, qui est très-escarpé et si près de lElbe, qu'il n'y a d'espace entre sa base et les bords du fleuve, que celui d'un chemin très-étroit. Les Saxons effectuèrent leur passage vis-à-vis de cette montagne , et tentèrent de se former, mais ils ne purent y réussir, et restèrent en désordre sur un plateau près du village d'Ebenheit.
Sur ces entrefaites , les Prussiens atteignirent l'arrière-garde ennemie dans le camp dePirna; le pont de l'Elbe ayant été rompu trop tôt , le plus grand nombre tomba entre ^eurs mains avec beaucoup de bagages. Privée de toutes ressources , mourant de faim et de froid , l'armée, après avoir été sous les armes pendant 36 heures, sans espoir d'ailleurs d'être secourue , capitula.
Brown, de son côté, ayant été deux jours entiers sans nouvelles des Saxons, crut nécessaire de pourvoir à sa propre sûreté, et se retira saus perdre plus de 200 hommes , ce qui doit paraître fort heureux quand on considère que les