‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 13 sur 121 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

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Prussiens campés à Lowositz auraient pu le couper en passant lElbe derrière lui, près de cette ville ou de Leutmeritz.

Pendant que ceci se passait, Frédéric rejoignit, le 14 au matin, son armée de Saxe; et le 18, après plusieurs négociations, il conclut avec le roi de Pologne un traité par lequel l'armée saxonne s'engagea à ne point servir contre le roi de Prusse, laissant celui-ci maître de la Saxe, et le roi de Pologne libre de se retirer dans son royaume.

Frédéric ayant ainsi rempli son but, donna ordre à ses armées de quitter la Bohème. Celle du maréchal Schwérin rétrograda sur la Silésie, et cantonna sur les frontières de la Bohème, depuis Zukmantel jusqu'à Greiifenberg ; celle du roi, dans la Saxe, formant un cordon depuis Egra jusqu'à Pirna , et de là, en traversant la Lusace , jusqu'à la Queiss.

Observations suî^ la campagne de i'j56.

Lloyd et Tempelhof ont différé d'opinion sur les combinaisons de cette campagne. Le premier a reproché au roi, avec quelque raison, de n'avoir point su profiter de 1 avantage du rassemblement de ses forces, pour entrer en action à "la fin de 1765, ou au commencement de 1756, attendu qu'il connaissait déjà à cette époque la

coalition méditée contre lui. Par une bizarrerie singulière, il Tapprouve en même temps d'avoir envahi la Saxe, taudis qu il aurait eu bien plus davantage à pénétrer en Moravie , et à marcher vivement par Olmutz sur Vienne. On eût par là détaché les Saxons d'une alliance opposée à leurs intérêts , et porté des coups sensibles à la maison d'Autriche, au cœur même de ses états, dans un moment où ses armées n'étaient point rassemblées. L'invasion de la Saxe au contraire devait aliéner cette nation pour jamais, et eu la faisant on renonçaità des opérations décisives, pour s'amuser à bloquer des troupes que l'on aurait pu considérer comme neutres.

Quant à l'exécution de cette entreprise , Lloyd prétend qu'elle fut bien conduite sous les rapports politiques et militaires. Le roi connaissait trop bien les dispositions de la cour de Saxe à son égard , pour se fier à aucune de ses offres. Il n'était pas prudent de laisser une armée de j4 mille hommes derrière lui ; car , malgré sa promesse , le roi de Pologne pouvait la rassembler , l'augmenter même à son gré , et se trouver bientôt en état de faire repentir Frédéric de sa confiance (i).

(i) L électeur Auguste promettant de ne pas réunir son armée , aurait certainement tenu parole si le roi avait envahi la Moravie et

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