‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 23 sur 121 · CAMPAGNE DE 175^. PREMIERE PERIODE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 175^. PREMIERE PERIODE

IiiS^asion de la Bohême, batailles de Prague et de Kollin, retraite du roi.

J^jA coalition formée contre le roi de Prusse était devenue plus formidable depuis que la Suède et le corps germanique y avaient pris part. Les forces des coalisés furent portées à 3oo mille hommes au moins, tandis que ce prince, avec tous ses alliés, n'en comptait que 180 mille.

Comme plusieurs des ennemis de Frédéric ne pouvaient commencer leurs opérations que dans une saison avancée, à cause de leur éloignement, il résolut d'entrer en campagne le plutôt possii)le, pour attaquer, avec ses forces réunies, le plus voisin et le plus redoutable de tous; jugeant bien que, s'il était assez heureux pour frapper un erand coup contre les Autrichiens, au com-

coup

mencement de la campagne, il retarderait et peut-être empêcherait les opérations des autres confédérés.

Ces motifs pour le roi de brusquer un dénouement, devaient faire adopter un système opposé à l'impératrice Marie-Thérèse, dont l'intention était de rester sur la défensive, jusqu'à ce que ses alliés entrassent en campagne , parce que le roi étant alors obligé de diviser ses forces, se trouverait hors d'état d'opposer une grande résistance sur aucun point.

Afin de mettre toutes les frontières à l'abri des entreprises de l'ennemi, le maréchal Brown divisa son armée en quatre corps. Celui de gauche, commandé par le duc d'Aremberg, prit position à Egra; le second, sous les ordres du maréchal lui-même, à Budjn; le troisième, sous ceux du comte de Ronigseck, à Reichenberg; et le quatrième, en Moravie, sous le comte de Serbelloni, fut ensuite commandé par le général Daun.

Le maréchal croyait ainsi couvrir la Bohême, parce que chacun de ces corps était très-considérable, et qu'ils pouvaient facilement se concentrer , pour arrêter les progrès des Prussiens, s'ils tentaient de s'avancer. Lloyd pense néanmoins que Brown ne leur supposa pas ce dessein; sans cela, il n'aurait pas établi ses magasins sur les frontières , contre toutes les règles militaires.

Frédéric ayant résolu de pénétrer en Bohême, divisa aussi son armée en quatre corps : le premier, sous les ordres du prince Maurice, prit

q6 traité des grandes opérations militaires* position à Cliemuitz; le second, commandé pai" le roi en personne, à Lockwitz; le troisième, sous les ordres du duc de Bévern , à Ziltau ; le quatrième, sous ceux du maréchal Schwérin, en Silésie.

Ces corps étant nombreux , le roi jugea qu'il pouvait les faire entrer séparément en Bohême; mais, pour ne pas les exposer à être battus en détail , les deux premiers devaient se joindre au moment où ils déboucheraient des défilés, aux environs de Lowositz, et les deux autres sur riser, anx environs de Turnau. Il était probable que les quatre corps , n'en formant alors plus que deux, pourraient sans risque se diriger sur Prague, où ils devaient se réunir (i).

Le roi, craignant que l'ennemi n'envoyât une division d'infanterie pour occuper les défilés entre Lockwitz et Lowositz , ce qui lui aurait rendu le passage difficile et peut-être impossible, or-

(i) Ce plan du roi est absolument semblable à celui des armées du Nord et de Sambre-et- Meuse, en 1794 » du Rhin et de Sambreet-Meuse, en 1796; du Danube et d'Helvétie, en 1799. On voit donc qu'à ces dernières époques ou n'avait pas agi'andi l'échelle des combinaisons , comme on a bien voulu le faire croire. Je combattrai , au reste, dans le chapitre XIV le système de ces doubles lignes sut une même frontière , auxquelles on donne de beaux points de réunion à cent lieues de la base et dans des positions occupées par l'enrnemi. De tels plans ne peuvent réussir que dans le cas d'une grand® supériorité numérique ou de fautes commises par l'adversaire.

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