CHAPITRE II
rîc conçut le projet hardi de laisser le maréchal Keith sur la gauche de la Moldau, avec 22 mille hommes; de passer sur la rive droite avec 20 Lataillons et 38 escadrons pour se réunir au maréchal Sclîwérin, et d'attaquer l'ennemi sur ses communications , avec 63 mille combattans , sans égard à la force de sa position. Dans cette intention, ce corps marcha le 4^ après-midi, derrière l'aile gauche de l'armée postée à Weleslavin , et j passa la nuit sous les armes.
Le roi se porta le 5 au matin, avec ce détachement , jusqu'à Podbaha , où les hauteurs dominent celles de la rive opposée. Les poutons suivaient la colonne; on en lança quelquesnns à l'eau avec 2 bataillons de grenadiers et quelques chasseurs à pied, ahn d'expulser de' la rive droite les ennemis qui auraient pu s'opposer à la construction du pont. Lorsqu'il futif terminé, le roi fit tirer trois coups de canon poui* avertir le maréchal qu'il allait effectuer le passage. Ce corps campa effectivement le même soir près de Gzimitz.
Le 6, à cinq heures du matin, Frédéric repartit, dans le plus grand silence, pour s'avancer au-devant du maréchal, qui, de son côté, s'était mis en route sur quatre colonnes , un peu après minuit. Lorsque les tètes de colonnes du roi arrivèrent dans les environs de Strcziskow , on découvrit l'armée de Schwérin, et la réunion
'lo8 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
s'effectua : les troupes fui-ent organisées d'après le tableau ci-joint.
Frédéric fit alors former l'armée, la droite à Streziskow , la gauche vers Sattalitze, et se transporta avec le maréchal sur les hauteurs en avant, afin de reconnaître les ennemis. S'apercevant que leur front était inabordable, il fit partir Schvvérin au galop , pour savoir s'il y avait Hxoyen de les tourner par leur flanc droit. Le maréchal reconnut que l'aile droite des Autrichiens ne s'étendait point encore jusqu'à Sterboholi, et que son flanc était eu l'air, sur de petites collines, qui s'abaissant insensiblement dans la plaine, offraient un accès facile à l'infanterie; il jugea aussi qu'à droite du front de cette aile, se trouvait une plaine où la cavalerie pouvait donner avec grand succès; enfin il aperçut, en avant de ce front , une plaine verte , qu'il prit pour des prairies. Comme le terrain était entouré d'étangs qui paraissaient en tirer l'eau , il pensa que cette plaine serait au moins praticable pour linfanterie, que la cavalerie pourrait suivre plus à gauche, et l'artillerie par la digue. En examinant le plan, on se persuadera que le maréchal calcvda bien suivant toutes les probabilités , et qu'on ne peut nullement lui faire de reproches de s'être trompé.
Dès que le roi eut reçu son rapport, il ordonna à l'armée de marcher par lignes et par la