CHAPITRE II
les deux ailes , il ne retira pas celle cle la gauche , qui s'y trouvait absolument hors d ëtat d'agir.
Après ce changement l'armée était placée , l'aile droite sur les collines , en arrière de Sterboholi, à une certaine distance de ce hameau. Pour couvrir l'angle du crochet, on plaça quelques bataillons , sur les hauteurs entre Ryge et Loupetin , eu deçà du bas- fond; un retranchement y fut construit, et une forte batterie placée. L'artillerie de position et celle de campagne furent répandues sur le front, et si bien disposées sur les hauteurs , que les batteries se flanquaient réciproquement et battaient tous les environs : on commença même à élever quelques ouvrages , mais ils ne furent point achevés.
Toutes ces mesures défensives étant prises , le prince Charles crut pouvoir braver avec lo mille hommes les efforts des deux armées prussiennes réunies. Le terrain en avant du crochet figuré par l'aile droite, était très -coupé; l'ennemi ne pouvait s'y former qu'avec la plus grande difficulté, et sous le feu d'une artillerie formidable. Mais, d"un autre côté, ce crochet présentait un grand inconvénient; son flanc droit, mal assis, obligeait à ne le considérer comme un bon moyen de défense, que dans le cas où l'ennemi se trou* vaut déjà en marche pour attaquer , eût été forcé de se diviser pour en atteindre l'extrémité.
Dans toute autre circonstance, un crochet, ou, pour nous servir d'une dénomination pins connue , Tordre en potence , destiné à couvrir le flanc contre une armée habile à m.anoeuvrer, est un remède pire que le mal. En effet , son extrémité doit être aussi bien couverte que celle d\uie ligne droite, et, s'il y a moyen de le tourner, il reste sans utilité. 11 présente en outre un inconvénient grave , c'est que les troupes voisines de langle saillant ne peuvent rétrograder sans se presser réciproquement, et sans rendre le désordre et la confusion inévitables. Si ces troupes au contraire veulent marcher en avant, elles forment un gi'and intervalle, ou bien elles sont obligées de se resserrer à droite ou à gauche, ce qui imprime à toute la ligue un flottement qui peut entraîner un grand désordre, et avoir les suites les plus fâcheuses, lorsqu'il a lieu au moment de l'attaque. Enfin , un général habile à saisir toutes les circonstances favorables, trouvera le moyen d'établir, sur les deux côtés de l'angle saiiJant, un feu croisé pour battre en tout sens les bataillons qui seraient à l'extrémité.
Le général autrichien ne gagna donc, par sa nouvelle position, que l'avantage de forcer les Prussiens à faire un mouvement plus étendu j)Our l'attaquer.
Lorsque Schwérin eût passé l'Elbe, le 4» '^^ Brandeis, et campé à Prassin et Mischitz, Frédé-