CHAPITRE II
ligne élalt postée à peu près au milieu du talus des hauteurs, la deuxième, sur leur sommet. Le front, couvert par des villages et des défilés, en partie inaccessibles, avait été hérissé de batteries si bien disposées, qu'elles battaient tous les débouchés praticables. Daun ayant laissé ses troupes sous les armes depuis le jour précédent, faisait augurer qu'il projetait de risquer une bataille , que le roi désirait sans l'espérer, et que sa situation rendait nécessaire. Plus l'ennemi l'eût différée, plus il eût été probable que le prince Charles tenterait enfin de sortir de Prague à tout prix, tandis que l'armée qui le bloquait se trouvait affaiblie par les corps que le roi en avait détachés pour marcher contre Daun.
Frédéric se proposait seulement de gagner les hauteurs; mais, prévoyant la possibilité d'un engagement sérieux , il donna ses ordres en conséquence. D'abord il fit faire halte aux têtes de colonnes, près deNovimiest, et porta l'avant-garde jusqu'à Slatislunz, pour rétablir plus facilement les distances des bataillons, qui s'étaient beaucoup allongées en passant le défilé de Planian. 11 attendait en outre les grenadiers de Rahlden, Moilendorff et Wangenheim , partis de Kaurzim. le même jour, et destinés à soutenir les attaques de la gauche. Pendant ce temps, le roi, ayant recoimu l'ennemi, fit les dispositions suivantes :
il fut enjoint au général Ziéthen de marcher
avec l'avaîit-garde jusque sur Rolliu, d'atlaquer la cavalerie de Nadasty, si elle se montrait, de couvrir ensuite la gauche de l'armée, et de soutenir les attaques que cette aile devait former. L'armée eut ordre de poursuivre sa marche sur trois colonnes : dès que les têtes de ces colonnes auraient dépassé la droite de l'ennemi ( ce qui serait arrivé à peu près en face de Krézor ) , le général Holsen attaquerait les postes en avant de ce village avec ses 3 bataillons de grenadiers et ies régimens de Munchow et de Schultz , soutenus par 5 escadrons placés en troisième ligne. Ce général, ayant débusqué l'ennemi, devait se prolonger toujours à gauche , et le chasser aussi de îa foret de chênes située près de Radowesnitz. Pendant ce temps, l'armée aiu^ait toujours continué sa marche dans la même direction, pour soutenir le général Hulsen, en cas qu'il fut repoussé; si au contraire son attaque réussissait, les bataillons de l'aile gauche avaient ordre de se former sur la droite des Autrichiens, et de diercherà la culbuter. La ligne eut été ainsi engagée successivement, de manière que la droite, refusée, n'aurait donné que par suite des progrès du reste de l'armée. La cavalerie se serait formée en arrière de la gauche, afin de soutenir au besoin le général Zié ihen, ou linfanterie , et décider, par une charge faite à propos, les avantages que celle-ci pouvait remporter : il ne resta