CHAPITRE II
donc à l'aile droite que lo escadrons de cuirassiers, destinés seulement à suspendre les entreprises que l'ennemi pourrait tenter sur ce point- Cette disposition du roi était si précise, qu'il est difficile de concevoir comment on a pu l'appliquer si mal. Ce prince connaissait parfaitement le terrain; le duc de Bévern, et beaucoup d'autres officiers généraux y ayant exécuté divers niouvemens pendant six semaines , il devait espérer qu'une combinaison savante des maximes les plus sages avec les localités, serait saisie par tous, et s'en promettre les plus heureux résultats : le sort en ordonna autrement.
Nous avons cru devoir indiquer sur la pi. 6, par la ligne WW, la position que le roi voulait prendre, ^Faprès l'assertion de Tempelhof. Elle consistait à faire l'effort par la gauclie renforcée : à cet eîîét, aussitôt que le général Hulsen aurait chassé l'ennemi du bois , les têtes de colonnes devaient se diriger vers Krézor, et l'armée , par une simple conversion à droite de chaque peloton , eût formé la ligne oblique projetée ; car sa gauche eût été établie vis-à-vis de Radowesnitz, et sa droite près de l'auberge. Par cette position, le flanc droit de l'ennemi eût été complètement débordé; ses bataillons n'auraient pu donner que l'un après l'autre, et la moitié de sa ligne aurait été déjà en désordre, dans l'instant où l'armée prussienne se serait engagée en totalité.
Peut-être convenait-il , au lieu de former une ligne contiguë, de l'établir en échelons. Cet ordre offre de très-grands avantages; l'armée se trouve par-là divisée en plusieurs corps, dont chacun présente néanmoins une masse suffisante; ils peuvent manoeuvrer isolément, et avec plus de facilité , sans que leurs mouvemens cessent pour cela d'être combinés , et de s'exécuter avec l'ensemble nécessaire. Chaque échelon couvre les flancs de celui qui le précède ; le premier seulement doit être bien flanqué , à moins qu'il ne le soit déjà par la nature du terrain auquel il est appuyé. La cavalerie peut être répartie en troisième ligne de chaque échelon, ce qui la met toujours à portée de soutenir l'infanterie , et même de charger l'ennemi , pour achever sa déroute. Cette manoeuvre a de plus l'avantage de ne point engager l'armée : si le premier échelon est battu, le deuxième couvre sa retraite, et le général est maître de faire retirer les autres dans le meilleur ordre , ou de les diriger sur le point qui lui paraîtrait le plus convenable. La nature de cet ordre d'attaque démontre qu'il est plus particulièrement avantageux, lorsque le succès d'une bataille dépend de l'enlèvement d'un certain point de la position ennemie : ces points principaux ne pouvant se trouver que surle front ou sur un des flancs, il est facile de juger si c'est sur le centre ou sur une des ailes que la tête de»