CHAPITRE II. l
inent est juste , mais la division de Farinée prussienne en denx corps , était-elle bien le moyeu d'arriver à ce but?
On peut douter que le roi ait divisé son armée dansFintention d attirer tout Feffort des ennemis sur le prince de Prusse et sur la Lusace; car il était tout aussi présumable que les Autricliiens, après la jonction de Daun avec le prince Cbarles, iraient attaquer le roi à Leutmeritz , afin de l'accabler ou de le pousser avec vivacité jusques dans Dresde; c'est ce que le roi avait de plus à craindre, et ce qu'il provoqua par ses dispositions. 11 eut beaucoup mieux atteint le but qu'il se proposait en se retirant à Leipa avec toutes ses forces, ou en les concentrant sur FEger.
Quoi qu'il en soit, les Autrichiens n'opérèrent point comme on l'avait supposé. Après la victoire de Kollin, trois partis se présentaient à leiu* choix; le premier consistait à se jeter par la droite en Siîésie pour conquérir cette province , objet constant de leurs désirs; le second à opérer par le centre sur la Lusace ; le troisième enfin à opérer sur la rive gauche de FElbe , comme le roi le craignait.
Le premier de ces partis eût porté le théâtre de la guerre sur la ligne d'opérations la plus fa • vorable aux Prussiens. La dernière alternative offrait bien plus d'avantages stratégiques ; mais 4'uu autre côté jl n'était pas naturel de mettre
i38 thaité des grandes opérations militaires. l'EJbe entre une armée victorieuse et une ai-mée battue , pour donner à celle-ci le temps et les moyens de se retirer en ordre. Les Autrichiens résolurent donc avec raison de la poursuivre par la rive droite de lElbe; le seul reproche qu'on puisse leur adresser , c'est de Tavoir fait dans les premiers jours avec trop de lenteur : peut-être aussi devaient-ils diriger leur effort vers la gauche, contre le roi à Leutmeritz au lieu de s'étendre par leur droite. Dès cpion s'enlevait tous les avantages de la poursuite, par une marche lente et compassée , il est certain qu'une marche directe sur Dresde par la gauche de l'Elbe eût mis le roi dans un plus grand embarras. La ligne secondaire de l'armée impériale était celle de Soubise; les Russes dans cette campagne étant encore sur le Niémen. En dirigeant Soubise sur Wittemberg et j marchant par Dresde et Torgau, on portait le théâtre des efforts au point décisif: car une bataille perdue par le roi vers cette ville , eût mis tous ses états à la merci de ses ennemis. Il pouvait à la vérité se jeter en Silésie, mais à quoi cela eût-il abouti; vaincu en rase campagne et ses états envahis , de manière à ce qu'il n'en pût retirer aucune ressource , peu importait qu'il trouvât un refuge momentané sous le canon d'une place ; sa perte n'en était pas moins inévitable.
Reprenons le lil des événemens. Comme nous l'avons dit , le roi s'était porté à Leutmeritz : 1«