‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 45 sur 121 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qui leur coûta la moitié de la Bohême; mais ils devenaient forts par leur réunion (i). Brown et le prince Charles, après leur concentration, ne surent pas profiter de cet avantage pour attaquer isolément le roi ou le maréchal de Schwérin , qui étaient encore bien éloignés, et séparés parTElbe.

Nous allons d'abord rapporter les observations deLloyd.U blâme avec raison toute la couduitedu général autrichien sous Prague : Frédéric , en réunissant la majeure partie de ses forces, le 6 mai, en présence des ennemis , et en laissant le maréchal Keith sur la rive gauche de la Moldau, annonçait très-clairement qu'il avait des desseins sur la rive droite : les Autrichiens n'auraient pas dû, se fiant à leur nombre et à leur position , envoyer la cavalerie au fourrage, tandis que les Prussiens faisaient des mouvemens en leur présence. Lorsqu'ils virent l'armée du roi en marche par sa gauche , ils firent bien de changer de position ; mais au lieu de s'en tenir là , ils auraient dû pointer le plus d'artillerie possible conti^ le village dePodschernitz, attaquer l'ennemi loi^qu'il traversait ce village en colonne, sans lui laisser le terrain nécessaire pour se former.

L'auteur anglais pense également que les Autrichiens devaient placer leur cavalerie sur deux

(i) S'ils avalent fait une retraite excentrique d'après le faux systtin« de Bulow,^ leur armée eixt été perdue^

l52 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.'

lignes contigûes , afin de prolongei' la droite jusqu'aux étangs , de couvrir le flanc par cet obstacle, et d'enlever aux Prussiens le seul terrain où ils pussent former leur cavalerie; il aurait donné à ces deux lignes une disposition ployée sur le centre , de manière à former une ligne concave vis-à-vis de l'ennemi, et à ce que celui-ci ne pût se porter eu avant sans prêter le flanc. Il prétend que cet ordre eût paré à tout danger, la droite étant couverte par des étangs , et la gauche par l'artillerie et par leur aile droite d'infanterie. Mais les Autrichiens négligèrent toutes précautions, et se laissèrent même prendre en flanc par la cavalerie ennemie , quoiqu'elle fût moins nombreuse que la leur.

Lorsque le maréchal Brown repoussa et poursuivit les Prussiens , il n'aurait pas dû rompre la ligne , ni se porter en avant comme un soldat qui ne voit que ce qui se passe directement devant lui, sans observer l'ensemble; et quand il lit ce mouvement , il fallait que l'armée l'appuyât : s'il désirait maintenir sa gauche et son centre sur les hauteurs qu'ils occupaient , il pouvait donner à sa droite la direction nécessaire pour former une ligne oblique avec le reste de l'armée (i). Par

(i) On fait là un reproche au maréchal Brown, sans savoir si ce fut lui qui ordonna la marche en avant de l'aile droite , qui peutêtre fut le résultat naturel des circonstances et de la retraite des

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