CHAPITRE IV
tous les grenadiers; leur résistance n'arrêta point Chevert, qui les força à quitter leur position.
Le lieutenant-général de Contades dirigeait l'atlaque de la gauche contre le village de Hastenbeck. Protégé par la supériorité de Fartillerie , il forma son infanterie sur plusieurs lignes , avec autant de front que le terrain le permettait. Pour arriver aux alliés , il fallait que cette aile passât un défilé formé , d'un côté , par l'étang et le ruisseau marécageux qui s'étendait jusqu'au Weser; et de l'autre , pai' les hauteurs à droite d'JHastenbeck. Attendu que ce passage n'avai t qu'environ 3oo toises de front, qu'il se rétrécissait encore à mesure que l'on avançait , et que l'ennemi avait fait mettre le feu au village, il fut difficile de déboucher. Les alliés se défendaient avec acharnement, le combat devint meurtrier. Alors le maréchal d'Estrées fît former sa gauche sur quatre colonnes, les deux premières à gauche de 18 bataillons ; les deux autres plus à droite , ensemble de 8 bataillons. Dans cet ordre, l'attaque renouvelée avec vigueur , obligea l'ennemi à plier.
Sur ces entrefaites, d'Armentières descendit de la hauteur avec ses quatre brigades, suivies des dragons à pied, tandis que les brigades de Champagne et de Rediug longèrent la lisière du bois vers le centre , et s'emparèrent d'une redoute où l'on prit 9 grosses pièces et 2 obusiers. Dans ce moment décisif les grenadiers de France débou-
chèreul le long des haies au village de Hastenbeck , suivis de la cavalerie sur plusieurs colonnes* Tout présageait une victoire décisive, lorsquuii événement fortuit sauva Tannée alliée.
Le prince héréditaire de Brunsvsick , à la tête d'un bataillon de ses gardes, soutenu d'un autre corps hanovrien, gravit les hauteurs à la gauche deChevert, et vint, par des détours, s'emparer dune batterie que les Français y avîiient établie* La brigade dEu, qui la gardait, se défendit assez vivement tant qu'elle ueut affaire qu'à l'ennemi seul ; toutefois comme cet événement eut lieu dans un terrain très-couvert, où Tonne pouvait se reconnaître , plusieurs bataillons français tirèrent sur cette brigade , et lui tuèrent beaucoup de monde, ce qui la força de se retirer avec précipitation, et d'abandonner même son artillerie , que le prince lit aussitôt diriger contre Taile droite ennemie. x\. la vérité , les Français reprirent leurs pièces un instant après; mais ce fâcheux contre-temps leur lit croire qu'un corps supérieur sétait emparé des hauteurs et voulait les prendre en liane. Ou se le persuada dautant plus aisément, que le maréchal eut avis qu un gros corps ennemi se montrait aux environs du camp qu il venait de quitter, et menaçait de le couper de son extrême droite. Cet erreur 1 empêcha de poursuivre l'ennemi, qui en profita pour opérer sa retraite.