‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 7 sur 121 · GUERRE DE SEPT ANS · texte numérisé non relu

GUERRE DE SEPT ANS

Coup'd'œil sur les motifs et les premiers événemens de cette guerre ( i ).

JLiEs hostilitës avaient commencé entre la France et l'Angleterre dès lySS; et quelques disputes incidentes furent le prétexte d'une explosion, que la rivalité naturelle des intérêts maritimes pouvait

(i) Dans mes premières éditions j'ai présenté une analyse critique des motifs que Lloyd avait attribués aux différentes puissances ; mais à cette époque n'ayant pas assez médité sur les relations qui evistaient entre les différens états , au moment où la rupture éclata , je me suis laissé entraîner par les apparences ; l'expérience acquis» depvis m'a mis à luéme de rectifier mon jugement.

faire regarder depuis long-temps comme inévitable.

Ce n'est point ici qu'il convient d'examiner les fautes graves que le cabinet de Versailles commit depuis Louis XIV, tant sous le régent que sous l'administration du cardinal de Fleury. La rivalité qui pHt naissance sous Guillaume aurait dû engager le ministère français à faire les plus grands efforts pour le rétablissement de sa marine; mais £a fausse politique et celle de la Hollande , préparèrent dès-lors la domination des Anglais sur les mers.

Le système de la France pouvait, à l'avènement de Louis XV au trône , se réduire aux axiomes fiuivans :

1* User de la plus gande modération sur le continent, et prouver que la politique des Anglais était plus à craindre que la sienne;

2° Maintenir l'équilibre en Allemagne, pour donner un contre-poids à l'Autricbe , et ne pas soutenir seule de grandes guerres continentales, tandis qu'elle-même serait engagée avec les Anglais ;

3" Tourner toutes ses vues vers sa marine , et s'assurer par tous les moyens possibles l'alliance de la Hollande et de lEspagne.

Le cardinal de Fleury prit souvent la faiblesse pour de la modération; cependant à quelques fautes près , il suivit assez bien le premier des priii-

cipes indiqués plus haut; mais il négligea entièrement les deux autres. La guerre de 1741 ? entreprise pour Tel évation de la Bavière et de la Prusse , le fut malgré lui; elle avait un but raisonnable, mais les opérations furent si mal conduites, quemalgré le concours de ces deux alliés , l'issue en fut malheureuse. Toutefois elle contribua à l'élévation de la monarchie prussienne , en lui assurant la Silésie. Le cardinal mourut avant la paix d'Aix-la-Chapelle, en 1748.

Tel était l'état des affaires au dehors en 1755, lorsque le ministère , las des provocations des» Anglais, s'engagea dans une lutte imprudente, sans s'être ménagé d'alliés, ni avoir préparé les moyens de relever sa marine.

La guerre se faisait depuis deux ans dans l'Inde entre Dupleix et lord Clive; le premier avait eu des succès qui lui valurent la vice-royauté du Carnate, et l'appui du Grand-Mogol , dont il promettait bientôt la soumission si on lui envoyait quelques vaisseaux et quelques milliers d'hommes ; mais l'inconcevable système du ministère renversa ces belles espérances; le vainqueur fut bientôt accablé vers Maduré par les Anglais et leurs alliés , qui suivaient un système bien différent de celui de la cour de Versailles. Disgracié , il mourut à son retour en Fi^.nce aussi malheureux que Labourdonnaye auquel il avait succédé : ces deux hommes capables de sauver les affaires

de Louis XV dans l'Inde , abreuvés de dégoûts , d'humijiations et d'injustice, furent payés de services éclatans par la plus noire ingratitude , et devinrent responsables des fautes et de l'incurie du gouvernement.

Les Anglais voyaient avec un dépit jaloux la France maîtresse du Canada. Cette belle color nie, voisine des Etats-Unis alors soumis à l'Angleterre, pouvait être attaquée avec succès par une nation qui dominait la mei' et avait à la proximité du point d'attaque d'aussi grands élémens de force. Us commencent à élever le fort de la Nécessité, au revers des Apalaclies, sur le territoire français; un officier, nommé Jumonvill^, envoyé pour les observer avec 3o hommes , est massacré par eux avec une barbarie dont les Canadiens mêmes sont révoltés. Son frère met le siège devant le fort, le prend, et par une générosité rare accorde libre sortie à la garnison pour la soustraire aux Indiens qui en avaient juré le massacre. Cependant les Anglais arment, les Français n'osent pas même se plaindre d*un attentat inconnu jusques-là dans les temps modernes. Le cabinet de Saint-James négocie pour endormir ses adversaires et voiler ses préparatifs.

Déjà le général Braddock part pour assaillir le Canada, et mie escadre se présente à l'embouchure du (leuve Saint-Laurent , qu à Versailles on ne songe pas même à la guerre. On se livre à des

regrets tardifs et à une vaine indignation lorsqu'on voit des escadres sortir de tous les ports anglais, et enlever plus de 3oo bâtimens de commerce , richement charges , de retour des deux Indes. Alors il fallut bien armer pour soutenir un commerce déjà ruiné avant la déclaration de guerre, et cette faiblesse de Mirepoix et du ministère de Louis , porta le coup le plus fatal à la prospérité française.

Le général Braddock fut à la vérité battu et blessé mortellement à l'attaque du fort Duchesne , en 1755. MM. de Vaudreuil et de Montcalm pénétrèrent même dans les provinces ennemies; mais à quoi servaient ces légers avantages, lorsque tant de moyens se préparaient sur tous les points de la domination anglaise ?

L'indignation qui s'était manifestée en France ne contribua pas peu au traité de Versailles , et à l'alliance avec l'Autriche , à laquelle l'ascendant de Marie-Thérèse sur la favorite avait insensiblement préparé tout le ministère. Cette alliance fut conclue, le i^'^ mai 1756, par l'abbé de Bernis et M. de Stahremberg.

De grands préparatifs se faisaient dans les ports de France , i5 vaisseaux nouveaux venaient d'être lancés avec une rapidité qui accuse d'autant plus l'inaction antérieure du gouvernement. Pour faire diversion aUx escadres ennemies et en occuper

une partie dans la Manche, on menaça l'Angleterre dune descente , ce qui obligea le cabinet de Saint-James d'appeler des Hanovriens et des Hessois à sa défense.

Une expédition importante se prépara à Toulon pour délivrer la Méditerranée.

Le duc de Richelieu partit le i o avril de la rade d'Hyères avec 12 vaisseaux et 30 mille hommes pour enlever Minorque aux Anglais , et s'assurer la supériorité dans ces parages. La place de Port- Mahon passait pour un second Gibraltar, et l'entreprise était difficile; cependant les Anglais n'y avaient que 4 bataillons , ce qui était peu pour le développement de la place. L'amiral Bing voulut y jeter des munitions et des renforts , et se présenta, devant le port, avec 14 vaisseaux; mais la Galissonière le repoussa avec les 12 qu'il commandait. L'amiral anglais fut jugé et fusillé pour n'avoir pas vaincu: jugement barbare, moins révoltant néanmoins que ceux qui condamnèrent Labourdonnaye et Lally pour avoir osé trop entreprendre à la gloire et à l'avantage d'un gouvernement qui les abandonnait.

Enfin , le 27 juin , lassant ayant été donné aux ouvrages extérieurs du fort Saint-Philippe, on enleva 5 redoutes , ce qui décida le gouverneur à capituler. Richelieu alla jouir de son triomphe à Paris , et la Galissonière mourut ignoré dans le

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courant de la même année ; prouvant à la France indignée, que dans l'enceinte du Parc-aux-Cerfs , on s'occupait moins d'une victoire navale que d'une intrigue galante.

Il n'était pas impossible de tirer parti de ces avantages, en intéressant lEspague à se venger des revers de la guerre précédente , et à débarrasser pour toujours ses colonies du voisinage de la Jamaïque. Ce moment était encore propice , l'alliance des deux Etats pouvait tout réparer. Le gouvernement français au contraire s'endormit sur ses premiers succès, par un esprit de vertige difficile à expliquer. Tandis que les Anglais redoublaient d'efforts pour venger cet affront , on oublia à Versailles cpi'on avait une guerre maritime , et tout céda au désir d'accabler Frédéric.

Nous allons voir qu'on ne prit pas de meilleurs moyens poui' y parvenir , que pour lutter avec succès contre la puissance toujours croissante d'un rival plus redoutable.

La résolution du ministère français de s'allier à la maison d'Autriche , fut signalée comme une faute grave , et cependant en considérant avec plus d'attention ce premier traité de 1756, on est forcé de convenir que son but était sage , et C[ue s'il devint onéreux par la suite, ce fut parce C£u'on s'en écarta.

Si jamais alliance entre la France etl'Autricbe

pouvait être Utile, c'était celle de 1756, en modifîaut toutefois quelques stipulations; loin de là , on en conclut une seconde bien plus onéreuse en 1758: cependant, comme les alliances se renouvellent, ainsi que les ministres qui les forment, il était naturel de craindre que l'Autriche , après avoir détruit la Prusse , avec l'assistance des Français, ne dominât en Allemagne et en Italie, et ne tournât alors ses armes victorieuses contre la France elle-même, tandis que celle-ci serait aux prises avec les Anglais.

L'alliance de la Prusse paraissait donc plus naturelle , puisqu'en agrandissant cette puissance aux dépens de l'Autriche , l'équilibre de l'Allemagne n'en était que mieux établi; et qu'on n'eût jamais été attaqué par l'une de ces puissances rivales , sans avoir l'autre pour auxiliaire.

Les motifs qui firent donner la préférence à l'alliance de l'Autriche , nous sont inconnus; peutêtre trouva-t-on des inconvéniens à s'unir avec Frédéric, qui avait abandonné légèrement les Français en 1742. Peut-être aussi le ministère jugea- t-il plus avantageux de s'allier avec une puissance du premier rang, sur le continent, afin d'appliquer la plus grande partie de ses moyens à la guerre maritime et dans les colonies. En effet, cette combinaison n'aurait pas manqué de justesse , si les clauses du traité n'eussent

été directement contraires au but qu'on devait «e proposer. La France, en voulant éviter une guerre continentale , s'obligea à faire marcher loo mille hommes en Allemagne, où ses armées finrent constamment défaites : dun autre côté, elle ne porta aucun soin vers sa marine, et battue sur mer comme sur terre, il ne lui resta d'autre parti que de signer une paix honteuse.

Madame de Pompadour voulut s'emparer de l'électorat de Hanovre , avec lé concours de l'Autriche , comptant trouver , à la paix , dans ce domaine particulier des rois d'Angleterre, une compensation sufiisante des îles enlevées à la France pendant la guerre. Ce calcul était faux : les Anglais n'auraient jamais subordonné leurs grands intérêts maritimes à la conservation de cet électorat : d'ailleurs il ne s'agissait pas de l'échange d'un espace de territoire dans les deux Indes contre un équivalent en Allemagne ; les vaisseaux capturés, les matelots pris, la confiance des escadres détruite , le commerce ruiné , l'influence maritime anéantie; voilà les suites les plus redoutables qu'une guerre mal conduite devait entraîner; et ce n'était pas la possession du Hanovre qui en aurait garanti la France.

Cet état de choses porte donc à croire , que l'alliance de l'Autriche n'eût été préférable que

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dans le cas où Ton aurait voulu se contenter d'un rôle passif et purement auxiliaire; mais dès qu'on entreprenait une grande guerre en Allemagne , et qu'on voulait y porter loo mille combattans, il eût mieux valu la faire de concert avec Frédéric. Le résultat le plus prochain du traité de Versailles devant être d humilier la Prusse, de lui arracher la Silésie pour les Autrichiens, et de séquestrer momentanément le Hanovre ; il n'y avait rien dans cet acte d'avantageux à la France. Le cabinet de Vienne exerçait une influence décisive sur l'Empire germanique, et menaçait de le réduire entièrement sous sa domination : il est incontestable que si cet événement fût arrivé sous le règne d'un monarque faible , paresseux , et livré aux vices d une cour im^morale et efféminée, l'Europe entière eût changé de face , et la France aurait été écrasée sous le poids de ce colosse formidable et de tous les efforts de l'Angleterre (i). Le roi de Prusse était le seul prince qui pût disputer à l'Autriche cette influence sur lEmpire et lut'er contre elle en faveur de la gothique constitution germanique.

La conduite de Frédéric dans la guerre de la succession, en 1778, et à l'époque des projets

(i) Les états héréditaires de la maison d'Autriche et l'Empire germanique réunis présentaient alors une population d'environ quarante raillions d'habitans, et une force militaire proportionnée.

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d'échange de la Flandre contre la Bavière , prouve suffisamment m.on assertion. Quelle vigueur ne déploya-t-il'pas pour déjouer les vues profondes de Joseph , qui menaçait l'indépendance de l'Allemagne ! L'Autriche aurait doublé ses forces en les concentrant et couvrant ses frontières du puissant électoral de Bavière, qu'elle eût obtenu en abandonnant la Flandre, possession lointaine, trop coûteuse et toujours envahie ; acquérant ainsi au moyen d'un seul échange , l'inlluence qu'elle n'avait pu obtenir par la force. Frédéric s'éveille, sonne l'alarme dans toute l'Allemagne ,^ prononce son opposition par des manifestes , et provoque une ligue. Il réussit , et tandis que lEuj'ope reste dans Fapathie , il est proclam.é de nouveau le sauveur de l'Empire; et c'était pour anéantir ce prince que la France réunissait ses forces à celles de Marie-Thérèse !

Les raisons qui déterminèrent le cabinet de Vienne à faire la guerre , se trouvent dans la nature des circonstances ; ayant perdu la Silésie , sa rivalité avec la Prusse était inévitable. Il avait à sa tête le prince de Raunitz ; cet habile ministre eut le talent de persuader à toutes les cours qu'il était de leur intérêt d'effacer la Prusse du tableau des puissances , et de reconnaître la prépondérance du cabinet de Vienne; et il parvint à former une coalition formidable, à laquelle ou dut présumer que Frédéric ne résisterait pas.

Le roi de Prusse n'avait d'autre but que celui <3e se défendre ; il est vrai qu'il prit l'initiative de l'attaque; mais instruit des trames ourdies contre lui , il ne pouvait les déjouer qu'en prévenant ses ennemis, et empêchant la réunion de leurs forces.

Les motifs de la Russie pour combattre le roi, se puisaient dans une politique profonde, dont les vues éloignées paraissaient redouter les barrières que Frédéric allait lui élever en agrandissant la Prusse : un tel voisin devenait importun, même redoutable pour une nation qui comj)tait se placer un jour au premier rang des puissances de l'Europe.

La Pologne et la Saxe obéirent plutôt à l'impulsion étrangère qu'à lein^s véritables intérêts; comme toutes les puissances faibles ou mal gouvernées , lorsqu'elles sont voisines des grands états qui se font la guerre. L'électeur de Saxe en fut la victime; ce qu'il aurait évité en se rangeant du côté de la Prusse. Mais était-il probable que celle-ci pût résister? Dans le cas contraire, l'électeur ne devait-il pas tout craindre des vainqueurs , s'il eût combattu pour le roi , ou maintenu seulement sa neutralité?

La Suède fit également la guerre, parce qu'elle avait plus à redouter de la Russie que des Prussiens , et qu'elle espérait des subsides de la France. Le prétexte de ses hostilités fut la garantie du

traité de Westphalie, tandis que la coalition suscitée contre Frédéric devait en détruire tous les principes.

Au surplus, cette masse diutéréts opposés, fut peut-être la seule cause du salut de la monarchie prussienne; car l'étonnant résultat de cette guerre fait soupçonner une arrière-pensée dans la conduite de plusieurs cabinets. On a vu de tout temps des ministres engagés dans des guerres contre leur système , s'efforcer de pallier , par des instructions aux généraux qui commandaient leurs armées , la faute qu'ils étaient forcés de commettre. Laissons au temps à dévoiler ce mystère, et passons à la narration des faits d'où doivent découler les principes que nous développerons successivement.

Notes sur le théâtre de la guerre.

Le théâtre principal des opérations du roi étant présenté, par aperçu, dans la carte générale annexée à cet ouvrage , je ne crois pas devoir en faire une description particulière (i). On verra par cette carte , comme par la pi. 20 , fig. 2 , que

(i) Il faut observer qu'à l'époque delà guerre de Sept Ans, la grande chaussée qui conduit de Dresde à Prague par Peterswalde et Tœplitz n'existait pas, et que les places de Theresienstadt , Josephstâdt et Konigsgratï ne furent construites que sous Je règne d« Joseph II.

la Bohême formait une ligne centrale et saillante , coupée par l'Elbe , qui devenait le point de démarcation des bases d'opérations. La Silésie et la Moravie étaient, pour le roi, la ligne d'opérations de gauche; la Saxe celle de droite , la Lusace au centre. Ce centre n'avait que deux mauvaises communications, par Ziltau, Gabel, etc. II était ainsi difficile que le roi y niarchât avec autant d'avantage que par la gauche sur la Moravie , d'où il pouvait frapper des coups décisifs au cœur des états de ses ennemis. La ligne d'opérations de droite ne menait les Prussiens que sur Prague; et ne devait être qu'accessoire, parce qu'elle présentait des difficultés presque insurmontables; qu'elle n'offrait pas, comme la ligne de gauche, une base couverte par de bonnes places , et que les succès sur ce point n'avaient aucun résultat décisif.

Le théâtre des opérations offensives des Autrichiens était naturellement inverse; leur droite, opposée à la gauche du roi , avait toujours pour obstacles les places de Silésie ; des succès sur cette ligne ne les menaient à rien. Ils avaient tous les avantages à porter leurs efforts par leur gauche en Saxe, sur la rive droite de l'Elbe, parce qu'ils attaquaient la partie faible des frontières du roi.

La Bohême offrait aux Autrichiens la ligne défensive la plus avantageuse. Sa configuration saillante au centre de tout le théâtre des opérations,

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donnait les moyens de rassembler les masses concentricjnemeut sur l'Elbe, et de les porter de même oiiensivemeut sur Dresde, ou sur la Silésie avec la même facilité. La chaîne de montagnes qiû sépare ce pays de tous ceux qui Tavoisinenl, était en majeure partie aupouvoir des Autnchiens, et leur donnait de grands avantages oifensirs et défensifs ; il n'y avait qu'une opération en masse sur la Moravie qui put tourner toutes ces positions , les rendre inutiles , et forcer l'armée autrichienne à venir combattre sur un terrain moins favorable.

Je ne donnerai pas , comme Lloyd, une longue description du théâtre de la guerre; lorsqu'on veut faire de grands mouvemeus stratégicpaes , on trouve des chemins partout. Je ne le suivrai pas dans rénuméralion des camps qui n'ont point été occupés : un bon camp décide rarement des opérations de la guerre.

La carie générale annexée à cet ouvrage suOira pour donner une idée des lignes de montagnes et de lleuves. J'aurais désiré l'enrichir de toutes celles qui sont nécessaires à 1 interusence des mouvemens , mais cette entre|irise eût été trop coùleuse ; ceux qui voudront les suivre ea détail , pourront consulter les cartes de Ju ifcn, Muiier, Pétri , et surtout celles de Backenberg, où les marches sont indiquées.

Je ne dirai rien non plus de l'importance des

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forteresses; tout le monde sait que la Siiésle en fivait huit assez métliocres , qui eurent une trop grande influence sur les opérations; mais propres i::enendant à couvrir des magasins et des dépôts. A cette époqne , des armées de i oo mille liomines n'osèrent prendre roiTensive, de peur d'èlre coupées par la garnison de Schw eidnitz , forte de 6 mille hommes.

Neiss et Glatz étaient les places les plus avantageuses pour les opérations offensives du roi. Schweidnitz couvrait faiblement Tissue des délilés qui conduisent de Bohême en Silésie par Friedland. Glatz au contraire avait le même avantage pour les débouchés de Konigsgratz sur Neiss. Custrin et Glogau couvraient TOder du côté de la Pologne, et donnaient, ainsi que Breslau, Brigg etCosel , l'avantage d'être maître des ponts et des deux rives de ce fleuve. Stettin et Colbcrg étaient des points importans relativement à des débarcjuemens russes.

Du côté de la Saxe , les Prussiens tenaient Dresde , le reste du pays était ouvert.

Les Autrichiens ne possédaient sur toutes leui^ frontières que Prague et Olmutz : Egra n'eut aucune importance, et Bruun était à peine à l'abri d'un coup de main.

c H A p I T R E r. 64 qiiat.

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