‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 81 sur 121 · CHAPITRE T · texte numérisé non relu

CHAPITRE T

Sur l'attaque d'utie armée en marche.

j'ai terminé ce chapitre dans mes premières éditions , par quelques idées sur les attaques contre une armée en marche , dont la bataille de Rosbach offre un exemple si frappant.

Les changemens survenus dans l'art de la guerre , et dans l'organisation des armées rendront sans doute de tels événemens plus rares. Cependant si l'organisation par divisions et par corps d'armées , semble beaucoup plus propre à arrêter un mouvement dirigé siu* la tête d'une colonne ; il n'en est pas moins vrai que la bataille d'Auerstedt fut perdue par les Prussiens, et que celles de Mareugo , dEylau et de Lutzen furent sur le point de l'être aussi par les Français, parce qu'on les attaqua en mouvement, et au moment où ils fle s'attendaient point à une affaire générale.

On peut donc en conclure que les attaques faites contre une armée en marche n'ont rien perdu de leur importance , et je me suis décidé à représenter ici les mêmes observations que j'avais déjà faites , en rappelant seulement qu'elles sont basées sur le système des marclies , campemens , et ordres de batailles en lignes conligués.

Une attaque contre une arnlée en marche est avantageuse, par la même raison que l'est celle

sur une extrémité de la ligne ennemie , c'est-àdire , parce que l'armée attaquée sur la tête de ses colonnes se trouve , relativement à l'ennemi , dans la même disposition que si elle était assaillie 6ur une de ses extrémités. La figure suivante le démontre.

L'armée AB est dans la même position que celle du roi à Rosbach ; celle BG dans la même disposition relative que celle des alliés : en les supposant donc toutes deux en bataille , on verra que BG se trouve attaqué en ordre perpendiculaire débordé sur un des flancs , comme il le serait sur la tête de ses colonnes , s'il était en marche.

L'avantage de ces deux manœuvres provient de ce que l'armée attaquée ne peut engager ses bataillons que successivement , et que l'eunemi , opérant avec vigueur , les accable ainsi en détail.

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