‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 84 sur 121 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

gade du flanc menacé , doit-elle continiœr un changement de front dans la même direction j et se former parallèlement à l'ennemi ?

Ces deux questions , me paraissent inséparables , puisque les positions supposées respectivement , offrent les m.êmes causes et les mêmes résultats : je ne traindrai pas de me tromper , eu prononçant la négative sur l'une etsur lautre.

Cette manoeuvre paraît bien , au premier abord , la plus naturelle ; elle est aussi ordinairement appliquée par les généraux médiocres, mais en est-elle plus sage pour cela ? Il est reconnu que l'attaque sur un flanc est des plus favorables ; pourquoi une armée , dont lavant-garde ou la brigade de l'aile seraient engagées de front avec l'ennemi , ne chercherait-elle pas , à son tour , à gagner un de ses flancs , et à changer ainsi la défensive contre l'offensive , une défaite probable contre une victoire presque certaine? Qui empêchera un général attacpié de cette manière , d'ordonner à sa brigade engagée de défendre le terrain pied à pied , en se retirant sur une seconde placée en échelon ? Pendant ce temps , ne pourra-t-il pas faire , avec le reste de la colonne ou de l'armée , un changement de direction , en faisant exécuter un quart de conversion à ses pelotons pour se diriger par ce moyen , sur une extrémité de la ligne ennemie ? ( Voyez Jig. 5 ^ planche i4 ^ les colonnes DD, )

11 résultera de cette disposition un ordre oblique sur un flanc de l'adversaire, qui n'osera certainement pas poursuivre les brigades en retraite, pouvant être attaqué lui-même avantageusement si le général opère avec vigueur et ensemble. Cette manoeuvre est beaucoup plus simple , et plus rapide qu'un changement de front ; elle donne l'avantage inappréciable d'établir toute l'armée sur une seule extrémité de la ligne opposée , tandis que le changement de front , qui ne s'achèverait vraisemblablement pas , ne tend qu'à rétablir l'ordre parallèle.

Si cette manœuvre paraît compliquée on peut lui en substituer d'autres , pourvu que ce soit dans le but d'amener la masse de ses forces contre une seule aile de l'ennemi.

C'est dans des circonstances semblables qu'un général peut apprécier une théorie basée sur les vrais pnncipes. Un homme ordinaire , qui n'a pour lui que sa longue expérience , sera toujours surpris , embarrassé , lorsqu'on lui annoncera que ses têtes de colonnes sont attaquées par une ligne , ou un de ses flancs culbuté ; mais s'il connaît la juste valeur de la position où il se trouve, et les contre-manœuvres qu'il peut opposer , il les ordonnera avec ce calme qui inspire la confiance , et communiquera à son armée toute sa sécurité; rexpérience en pareil cas , ne

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