‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 85 sur 121 · CAMPAGNE DE 175^. SECONDE PERIODE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 175^. SECONDE PERIODE

Invasion des Autrichiens en Silésie ; bataille de Breslau. Frédéric j revient; bataille de Leuthen.

J-i ous avons dit qiie le roi , en marchant contre l'armée combinée , avait laissé un corps sous les ordres du duc de Bévern pour observer le prince Charles , et Tempêchcr de faire aucune entreprise sur la Silésie : en conséquence , le duc quitta Bernstadel , et campa sur la montagne de Landscron , près de Goerlitz ; il détacha le général Winterfeld avec une forte division à Moys , entre la Neiss et la Queiss , pour garder le passage de ces rivières.

Le prince Charles s'avança jusqu'à Bernstadel, et porta Nadasty , avec un corps considérable , à Seidenberg , afin d'observer Winterfeld , de s'assurer un passage sur la Neiss , et d'être prêt à suivre ou à prévenir le duc de Bévern , s'il voulait gagner la Silésie.

Les Autrichiens croyaient avoir le plus grand intérêt à porter le théâtre de la guerre sur

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roder, parce qu'ils j auraient vécu aux dépens de l'ennemi , et que leur supériorité pouvait leur faire espérer , avec raison , de conquérir la Silésie : pour atteindre ce but , il importait de forcer les Prussiens à quitter la position défensive de Gœrlilz , qui aurait pu leur donner le temps d'attendre le retour du roi, et de reprendre l'offensive à la fin de la campagne.

Par la raison inverse , il convenait au duc de Bévern de maintenir les choses dans l'état où elles étaient , et de prolonger les opérations sans laisser remporter d'avantage décisif à l'ennemi. Sa position favorisait ses vues : il jugeait, d'après le système de ces temps-là , que les Autrichiens ne seraient jamais entrés en Silésie , en le laissant derrière eux , parce qu'il eût été à même de rentrer en Bohême , et de les couper de leurs magasins : la division qui gardait Bautzen , liait ^ les deux armées prussiennes et leur facilitait les moyens de se concerter et se soutenir réciproquement. Il suffisait de maintenir cet état de choses jusqu'à ce que le roi eût délivré la Saxe , pour se trouver en mesure de rejeter l'ennemi en Bohême.

Le prince Charles résolut donc de faire évacuer , par ses manoeuvres , une position qu'il ne pouvait enlever de force , il détacha une division pour chasser les Prussiens de Bautzen , et couper la communication de la Saxe , tandis que le corps

de Naclasly attacjiierait Winterfeld pour intercepter celle de la Silësie.

Le corps de Nadastj renforcé , attaqua le 7 septembre , deux bataillons postés sur la montagne de Holtzberg, en avant du camp. Il espérait les accabler avant quils ne pussent se retirer ou recevoir du secours ; mais ces braves se défendirent avec tant de courage qu ils donnèrent le temps à Winterfeld d'accourir : le combat s'engagea avec plus de clialeur qu'auparavant ; cependant les PiTissiens furent forcés de céder au nombre et de se retirer après avoir perdu leur général et la plus grande partie de leurs troupes. Les Autricbiens prirent possession du Holzberg quils évacuèrent le lendemain , après avoir eu 2 mille hommes tués ou blessés dans cette affaire.

Le duc de Bévern apprit en même temps l'occupation de Bautzen par l'ennemi ; cet événement lui coupant ses communications avec le roi , lui fit craindre que les Autrichiens , après avoir détruit Winterfeld , ne passassent la ÎSeiss avec leur grande armée pour lui fermer les routes de la Silésie ; il prit le parti d'y marcher sans délai. Cette résolution était d'ailleurs commandée par l'impossibilité de subsister dans la position de Goerlitz. En conséquence, il descendit la Weiss qu'il passa à quelques lieues de cette ville , €t marcha par JNaumbourg, Buntzlau, Hainau et et Lieguitz , où il arriva le 19.

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