‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 91 sur 121 · CHAPITRE VI. 35S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 35S

Lorsque quelques bataillons autrichiens eurent franchi le pont , le général Pennavaire avança, pour les charger, avec les lo escadrons de cuirassiers des Schœneich ; mais outre quil fut accueilli par une grêle de mitraille et de mousqueterie , le terrain était si humide et si glissant que les chevaux pouvaient à peine marcher : il fut forcé de se retirer. Au même instant le général Schultz aborda l'ennemi avec les régimens du prince de Prusse et Ferdinand : les Autrichiens déployés n'avaient d'autre alternative que de vaincre ou d'être culbutés dans la rivière ; leur défense fut opiniâtre ; protégés par leur nombreuse artillerie , ils attendirent avec sang-froid cette charge de l'infanterie prussienne , qui n'eut aucun succès , parce que les régimens exposés long-temps à la mitraille , arrivèrent sans vigueur, et déjà en désordre sous le feu des bataillons ennemis. En vain le prince Ferdinand de Prusse s'élança , avec un drapeau à la main , pour renouveler l'attaque , il fut également repoussé.

Une autre circonstance , non moins malheureuse , fut l'évacuation prématurée de la redoute en avaiit de Grabischen. Le colonel de Schultz , afin de soutenir les régimens du prince de Prusse, et Ferdinand, ordonna aux deux bataillons formés devant le village , de marcher contre la colonne qui défi^lait sur le pont de Mochber : le major croyant que la garnison de cette redoute

at56 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES*

appartenant à son corps , devait être retirée , lui donna ordre de se joindre à lui; cet événement fit une telle impression sur le régiment, composé de recrues du canton même , qu'il prit la fuite et retourna à Grabischen. Il fallut le courage et l'habileté du colonel Lindstedt pour le rallier. L'ennemi profita de cette faute, occupa la redoute et y plaça du canon et des obusiers qui battaient les lianes de la ligne; plusieurs bataillons aulricbiens avancèrent en même temps et s'emparèrent du village.

Tandis que ceci se passait , le pont de Sclimidefeld s'aclievait , et le centre de l'ennemi composé des divisions d'infanterie d'Arberg et Maquire, soutenues de la première ligne de cavalerie de l'aile gauche aux ordres du général Slampach, y avait passé la Lobe.

Les généraux d'Arberg et Maquire attaquèrent les redoutes près de Scbmidefeld : le régiment de Manteufel , qui gardait le village , s'y défendit jusqu'à l'entier épuisement de ses munitions. Le comte de Wied vint de l'aile droite, avec la réserve , pour attaquer Hoefgen que le régiment du prince Henri défendit avec la même bravoure; il ne quitta ce poste qu'après l'enlèvement de Grabischen et de Mochber , par la droite de l'ennemi , ce qui le débordait et menaçait sa retraite. Le général Lestewitz était resté , avec sa division , en arrière de Scbmidefeld et Hoefgen , afin de ne pas l'exposer inutilement au feu de l'ar-

Page 1