‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 92 sur 121 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tillerie; il la iit alors avancer, et reprit Sclimicîefekl ; mais comme la ligne se trouvait battue en flanc et à revers par la recloute de Grabischen, quelques bataillons ployèrent , et il fut forcé à se retirer pour les reformer. Ce mouvement rétrograde permit aux Autrichiens de s'établir aussi dans Klein-Mochber.

Le duc de Bévernn'avaitcependantpoint encore envie de renoncer à la partie ; à quatre heures et demie, les 10 régimens d'infanterie aux ordres des généraux Schultz et Lestewitz , s'étaient formés de nouveau , ainsi que plusieurs régimens de cuirassiers. La ligne se porta alors sur Schmidefeld , Hoefgen et Mochber, poussant les Autrichiens jusque sur la Lobe. Mais , peu après , le feu cessa , et la nuit étant survenue , la plus grande partie des troupes se rétira sans aucun motif sur le faubourg Saint-Nicolas ; le duc les trouva là en revenant de Faile gauche , où il s'était rendu pour combiner avec Ziethen les moyens de surprendre l'ennemi à minuit , comptant que Lestewitz et Schultz avaient repris Klein- Mochber (1).

(i) L'historien prussien cherche ici à excuser la défaite du duc, en lui supposant des causes singulières; mais si l'attaque du centre sur Mochber devait décider la bataille , pourquoi le duc allait-il courir ailleurs avant qu'elle fût exécutée ? on ne quitte pas le point décisif pour aller conférer ailleurs.

La troisième attaque , dirigée contre la droite à Pilsnitz , fut plus vive et plus longue que les autres. Ce village , d'un accès naturellement difficile , était encore défendu par des redoutes ; la Lolie dont les rives y sont très-escarpées, le partageait en deux. Le général Keulil, avec laile gauche de Tarmée autrichienne , soutenue par la gauche de la seconde ligne de cavalerie , eut ordre d'attaquer ce poste et les ouvrages aux environs ; mais , par la difficulté du terrain , la force de ces ouvrages et la bravoure de Tennemi , il fut repoussé trois fois avec une trèsgrande perte. Enfin , lorsqu'il fut nuit , les Prussiens se retirèrent : la relation autrichienne dit qu'ils Y furent contraints ; Tempelhof , témoin oculaire, assure qu'ils le firent volontairement, ou par ordre , ou par suite des mouvemens du reste de l'armée. Cet auteur n'a jamais pu comprendre pourquoi on abandonnait ainsi un poste , dont l'évacuation resta même ignorée de l'ennemi ; elle fut d'autant plus étonnante que toutes les troupes étaient animées de la plus vive ardeur, et qu'on leur avait annoncé des avantages remportés par la gauche.

Les Prussiens perdirent environ 6 mille hommes tués , pris ou désertés. Les Autrichiens eurent environ 4 mille hommes hors de combat.

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