‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 94 sur 121 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

place et de la défection des régimens silésiens; la désertion s'était manifestée au point qu'en sortant de la ville , 1 1 bataillons se trouvèrent réduits en tout à 400 baïonnettes. De même les régimens de cavalerie silésienne ne présentaient pas le tiers de leur force au complet. Cette armée du duc de Bévern , réduite à 1 5 mille hommes , sous le commandement de Ziethen, fit sa jonction le 3 à Parchevvitz avec celle du roi. Ces forces réunies s'élevaient donc à peu près à 3o mille combattans. L'armée autrichienne pouvait en compter 80 mille. Enorgueillie de ses succès , et d'une telle supériorité , elle donnait, par dérision, à l'armée du roi , le nom de parade de Potsdam. Une suite d'événemens heureux engourdit quelquefois les plus grandes âmes , semble les priver de leur vigueur naturelle , et les abaisser au niveau des esprits ordinaires : l'adversité est , au contraire , le seul tonique capable de rendre à ces âmes l'énergie et l'élasticité qu'elles avaient perdues. Frédéric était surtout dans ce cas. 11 assembla ses généraux et officiers d'état-major , leur fit connaître tous ses revers , leur déclara qu'il comptait plus que jamais sur le zèle , la constance inébranlable , le courage et l'amour de la patrie qui les avaient toujours animés , pour arracher à l'ennemi les avantages remportés. 11 les chargea de communiquer toutes ces choses aux officiers et même aux soldats de l'armée , pour

les préparer aux grandes actions qui ne tarderaient pas à avoir lieu (1) ; les prévenant qu'il fallait attaquer les Autrichiens partout où on les rencontrerait , sans égard à la supériorité du nombre; enfin que leur bravoure , capable de surmonter tous les obstacles , d'emporter tous les retranchemens et toutes les positions , lui garantissait un heureux résultat , aussi bien que ïe souvenir de la bataille de Rosbach , lui était d'un heureux présage ( cette bataille avait été gagnée jour pour jour un mois auparavant ). Quel homme aurait pu rester insensible à un discours aussi énergique , à une telle confiance, et n'eût brûlé de marcher de suite à l'ennemi , afin de prouver qu'il en était digne ? En effet, le courage de l'armée fut exalté jusqu'à 1 ivresse ; toute idée de danger s'évanouit, et fî^t place au sentiment qui promet la victoire.

Aussitôt après la réunion deZiethen , les troupes furent disposées conformément à l'ordre de bataille ci-contre.

Le 4 décembre , à la pointe du jour , l'armée partit de Parchewitz et marcha dans Tordre suivant à Neumarck.

(i]J Quelle était sublime et touchante cette pensée de Frédéric , d'associer ainsi ses officiers , ses soldats même , à la grandeur de ses eentimens! Quel homme ne paierait pas demiUe vi«s cette confiance d'un héros.

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sards.

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Généraux -majors

Ordre de bataille de l'armée prussienne à. Leuthen. AVANT-GARDE.

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Mfverink, lurnpliii, Assebourg, Bornsledt , Hryden , grenad ^^edel , .//(.. Haak, gren. Manleufcl ,

PREMIÈRE LIGNE

ArLE GAUCHE.

Lieurenanf-gén^rnur

Généraux- niti/ors Meye

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