‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderneChapitre 93 sur 121 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Bataille de Leuthen.

Le leademaiii de la bataille de Breslau, le duc de Béveru voulant faire une reconnaissance , tomba dans un parti ennemi et fut fait prisonnier. Le général Ziethen prit le commandement du corps , le conduisit à Glogau , y repassa sur la rive gauche de I Oder , et marcha au-devant de celui que le roi amenait de Saxe.

Les Autrichiens , fiers de leur victoire , se reposèrent sur leurs lauriers. Au lieu de poursuivre l'armée de Bévern , cpiils avaient à peu près coupée , ils restèrent huit à neuf jours devant Breslau , et se préparaient , après la reddition de cette mauvaise place , à prendre des quartiers dhiver, lorsque l'arrivée du roi vint déranger ce projet.

Frédéric ayant terminé heureusement l'expédition contre l'armée combinée , par la bataille de Rosbach , et n'ayant plus rien à craindre pour la Saxe , résolut de marcher rapidement en Silésie , pour arrêter les progrès des Autrichiens. Il partit de Leipsick, le 2 novembre, avec 18 bataillons et 28 escadrons.

Ce corps arriva le 28 à Parchewitz , et y séjourna jusqu'au 3 décembre. Il fut logé et entretenu, pendant la marche , par les commuJQes où il passa. Cette mesure, nécessitée pari impossibilité de transporter autre chose que les munition»

!es plus indispensables , et par le défaut de magasins sur la route , fit d'ailleurs supporter plus facilement aux troupes , les fatigues d'une marche forcée aussi longue (i). Le roi , craignant que la division autrichienne restée en Lusace , sous les ordres des généraux Marschal et Haddick , ne l'inquiétât dans sa marche, porta le maréchal Keith avec un petit corps par les hautes montagnes sur Marienberg , Pasherg , et de là en Bohême , afin d'attirer l'attention de l'ennemi sur cette province. Le maréchal exécuta cette entreprise avec succès , poussa par Commotau et Laun jusques sur Leutmeritz , détruisit le magasin qui s'y trouvait , brûla le pont sur l'Elbe , leva de fortes contributions , se retira en Saxe à l'approche du général Mai^schal , et y prit ses quartiers d'hiver.

Pendant sa marche sur Parchewitz, le roi avait appris les nouvelles les plus désastreuses ; celle de la prise de Schweidnitz fut immédiatement euivie de celle de la bataille de Breslau , de la prise du duc de Bévern , de la reddition de cette

(i) Ce n'était pas la première fois fpie les troupes prussiennes vécurent aux dépens des cantonnemens et sans distributions. Cela aurait dû suffire pour prouver qu'une armée, marchant à de» entreprises importantes, peut bien trouver du pain dans sa marche , jusqu'à ce qu'elle ait décidé du succ(>s d'une opération, comme nous, l'avons dit au chapitre précédent.

Page 1