‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 135 sur 196 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

où elle joignit Lascy après avoir jeté dans Dresde un renfort de 10,000 hommes, qui en porta la garnison à 15,000 combattants.

Le roi apprenant cette nouvelle en route, se dirigea sur Dresde par Plauen et Leubnitz :

le ducdellolstein quitta Weissig, et investit la place sur la rive droite.

Le 14 au matin, le commandant fut sommé : sa réponse, suivant l'usage, fut négative. Les Prussiens se logèrent dans le faubourg de Pirna, et construisirent des batteries de mortiers, et à ricochets, derrière les masures des maisons brûlées dans les sièges précédents. Pendant la nuit on éleva une batterie de 8 pièces de canon et 2 obusiers dans le jardin de Mozinsky ; durant celle du 1 o au 1 6, on creusa une petite parallèle contre la ville neuve, et dressa une batterie de 10 pièces de canon pour combattre le pont de l'Elbe.

Daun qui attendait le roi aux passages de la Silésie, fut fort surpris lorsqu'il reçut, le 10 juillet, la nouvelle qu'il s'était rabattu sur Dresde : il détacha le général Ried, pour le suivre, porta son avant-garde sur Bautzen, et avant de rien entreprendre, attendit des renseignements plus certains sur les projets des Prussiens. Enfin, informé, le 13, que Frédéric avait passé l'Elbe et marchait contre la place, il fit partir le lendemain, à deux heures du matin, le corps des carabiniers, et porta sur Dresde celui de Buccow qui était resté si longtemps à Gorliti; luimême suivit, le 1 5, avec l'armée , et vint s'établir près de cette dernière ville.

De son coté, le roi pressait les travaux de siège avec toute l'activité possible. Le 18, les batteries de mortiers et de brèche furent achevées, et le bombardement commença le 10 au matin. 11 apprit, le même jour, que Daun s'avançait au secours, et se trouvait déjà près de Weissig : il envoya un régiment de renfort au duc de Holstein, que les Autrichiens auraient pu attaquer avec avantage. Les Croates ayant emporté le poste de Weissenhirsch , le duc pensa que l'avant-

garde de Daun les soutenait ; et craignant un engagement sérieux, il repassa l'Elbe sans délai, laissant le général Teltenborn avec une brigade pour protéger son mouvement ; ce général , engagé de front avec les Croates, fut sur le point d'être pris à revers par un régiment sorti de la place, et se retira avec perte de 700 hommes : le duc de Holstein effectua son passage sans être inquiété par la nombreuse garnison. Néanmoins le général Maquire fit faire quelques sorties les jours suivants. Daus la nuit du 20 juillet, la cavalerie autrichienne surprit les postes, et pénétra jusqu'au quartier du roi, qui faillit être enlevé.

Frédéric ayant réuni ses forces sur la rive gauche de l'Elbe, présumant que Daun voulait l'attaquer, résolut de le prévenir. Mais cette campagne semblait se passer en projets : l'ennemi resta tranquille, et les Prussiens se bornèrent à occuper les hauteurs do Rupchen ctGopeln, avec 8 bataillons et 18 escadrons. Daun prit poste, le 21, entre Boxdorf et Dresde.

Le bombardement continua ; les Autrichiens firent une grande sortie à minuit, surprirent le régiment de Bernbourg dans les tranchées et emportèrent une batterie :

des renforts arrivèrent, et les repoussèrent. Le roi, mécontent du régiment surpris, lui enleva ses sabres.

Convaincu enfin de l'inutilité de ses efforts, il se décida à lever le siège ; l'évacuation du matériel commença le 27, le roi partit avec l'armée le 29 à dix heures du soir : la garde des tranchées formant l'arrière-garde. Le 30, le général Hulscn fut détaché avec une division à Kesselsdorf, et Wedel à Kienast près Mcissen, afin de protéger la construction d'un pont. Le roi campa à Unkendorf. Le 31, il se porta à Mcissen ; Hulscn à Schlettau. Après le départ des Prussiens, Lascy alla s'établir, le 30, au val de Plauen. Daun vint, le 31 , à Bischofswerda. Lascy passa l'Elbe et prit poste vers Ubigau.

Le général autrichien ne pouvait douter que le roi ne marchât alors en Silésie ; mais comme l'opération sur Dresde lui avait donné une leçon, il attendit que les projets des Prussiens fussent mieux développés, et se borna à prendre toutes les mesures convenables pour harceler leur marche. Brcntano et Ried, avec une nuée de troupes légères, brûlèrent les ponts de la Rader et de la Sprée, et gâtèrent toutes les routes.

IJeck en fit autant sur la Sprée, la Neiss et la Queiss, et couvrit d'abatis les grandes forêts de Pribus, Muska, etc.

Prise de Clat*.

Nous avons déjà dit que Laudon, après la destruction du corps de Fouquet, ne conçut aucune opération hardie, et que devant Glati même investi depuis longtemps, on n'ouvrit la tranchée qu'un mois après. Cette inaction est d'nutantplus blâmable, que, dès le 26 juin, le général Slampa était parti de la grande armée avec un renfort, et que le corps de Beck devait aussi rejoindre l'armée de Laudon. Avec des forces aussi considérables, on aurait pu couvrir le siège contre l'armée du prince llenri , ou même opérer vigoureusement contre le roi, de concert avec Daun

Aux mouvements précurseurs de la marche du roi en Silésie, Daun fut déconcerté ; et les craintes pusillanimes qui l'assiégeaient, le portèrent à laisser Laudon en observation à Landshut, et à le diriger ensuite sur le Bober pour s'emparer des communications de Breslau. Le S juillet, ce général campa vers Lahn, où il apprit que Daun se trouvait à Bautien, et que le roi était en route pour la Silésie ; alors il se hâta de gagner par une marche forcée les hauteurs de llochkirch (à deux lieues de Ligniti), où il craignait que Frédéric ne le prévint. Le maréchal campa le même jour à Oltendorf ; Laudon alla s'aboucher avec lui, et lesiége de GlaU fut enfin résolu. Le corps resta à

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