CHAP11HK VII
âge, où la qualité des troupes, la bravoure «le» chefs étaient les causes ordinaires de
L'idée de réduire le système de la guerre à des combinaisons naturelles , à une théorie simple et exacte, présente une foule d'avantages ; elle rendrait l'instruction plus facile, le jugement des opérations toujours juste , et par conséquent les fautes moins fréquentes, puisqu'elle dirigerait tous les généraux dans leur conduite.
Si le Directoire exécutif avait connu et bien saisi cette combinaison fondamentale , il n'aurait pas formé cette ligne d'opérations double sur une direction extérieure , qui obligea les armées du Rhin et de Sambreet-Meuse à abandonner rapidement l'Allemagne en 1796 , et celles du Danube et d'Italie n'eussent pas été en 1799 victimes d'une fausse conception, et des attaques isolées et multipliées qu'elles effectuèrent, par suite de cette faute. Si Wurmser eût profité des leçons sublimes de Frédéric, il n'aurait pas sans doute formé , de son armée , deux corps séparés par un lac , qui furent battus l'un après l'autre ; et dans l'espoir de tout couvrir, il ne se serait pas exposé aux résultats terribles de la marche de Napoléon sur Trente et Bassa no. Enfin l'on Aaitqu'Alvinty, Co bourg, le prince de Lorraine, et Brown , opérant contre ces préceptes furent accablés détail (1).
(1) J'ai écrit ce chapitre en 1804 : depui» l'Europe • changé de face par les mêmes causes. Les gouvernements ne se sont pas contentés , en politique, de se Taire accabler successivement , leurs armées ont toujours suivi les mêmes errements : la dispersion des forces de Mack , les fausses disposi-
Les annales militaires offrent beaucoup d'exemples semblables , preuves indubitables que les revers , comme les succès, ont les mêmes causes primitives , sous différentes formes, avec les modifications produites par les accidents du terrain, la position respective des armées, les manœuvres analogues à ces positions. On ne pourra donc nier que le principe unique auquel se rapportent ces causes de succès ou de revers, ne soit la base de toutes les combinaisons de l'art, et la seule mesure par la quelle on jugera de leur justesse ou de leur fausseté.
L'opinion hardie que je viens d'émettre , trouvera un grand nombre de censeurs : cependant, je suis persuadé que cette classe d'hommes studieux, de militaires instruits , dont j'ambitionne les suffrages, y reconnaîtra une grande vérité.
Mais , pour ne pas anticiper davantagesur la discussion qui fera l'objet des volumes suivants , nous allons soumettre quelques observations sur l'article inséré au Mémorial du dépôt de la guerre, et sur l'ordre oblique.
La définition qu'en a donnée Guibert, et que l'auteur de cet article a répétée , ne me parait point strictement juste, principalement dans la disposition de la bataille de Leuthcn.
Les figures suivantes le démontrent :
tions de Weyrothcr à Austerlitt, les trois corps de Jéna, de Weimar, d'Auerstcdt, l'isolement de Buthowden et Beningscn à Pultusk, celui des deux armées autrichiennes à Abensberg , Eckmûlh et Ratisbonne , sont des preuves évidentes de ces vérités. {Nott de 1810.)
TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES