CHAPITRE VIII
une grande vigueur. Il y exécuta des mouvements multiplies, et occupa 107 camps.
Les combinaisons de sa première ligne d'opérations ne furent pas exemptes de blâme; il ne choisit pas la plus convenable et l'embrassa avec deux armées isolées à une grande distance, comme nous l'avons déjà dit : cette faute lui serait devenue funeste s'il avait eu affaire à un général qui eût su appliquer les principes des masses centrales. Ses lignes secondaires après les batailles de Kollin, de Rosbacb , ainsi que ses manœuvres dans cette bataille et dans celle deLeuthen, seront, sans contredit, un digne Mijet d'étude pour les militaires de tous les «ièclea.
Je ne reviendrai plus sur la conduite des Autrichiens, on a vu à la suite de ebaque chapitre combien ils commirent de fautes. Les plus notables sont :
1° D'avoir disséminé leurs forces sur cent lieues pour couvrir leurs frontières, depuis Olmutx jusqu'à Egra ;
2° De s'être laissé bloquer par Prague avec des forces aussi imposantes ;
De n'avoir pas poursuivi le roi dans la
soirée de la bataille de Kollin, en portant leur masse par leur gauche sur Planian ;
•4" De n'avoir pas marché concentriquement sur la Saxe avec l'armée de Soubisc;
5° D'avoir négligé toutes les occasion»
d'accabler le duc de Bévern.
Ces fausses combinaisons tiennent à la direction des grandes opérations, et les généraux de cette puissance n'en eurent aucune idée dans tout le cours de cette guerre, comme on le verra par les événements des campagnes suivantes. Leur pusillanimité devant le prince de Prusse à Leipa ; la manière fautive dont ils opérèrent contre le duc de Bévern vers Gœrlitz, au lieu de mamœuvrer contre sa droite pour le couper d'avec le roi et marcher ensuite sur l'Elbe; l'inaction dans laquelle ils restèrent devant lui pendant le siège de Schweidnitz, et surtout après la victoire de Breslau , attestent leur défaut de vigueur et de génie militaire. Un général ordinaire de nos jours, qui se fût trouvé dans la situation de Daun après Kollin, ou du prince Charles à Nimes, à Gœrlitx et à Breslau, aurait anéanti son adversaire et envahi la monarchie prussienne.