‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 63 sur 196 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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berg, et le départ de Chevert, par les mouvement» du doc Ferdinand sur la Lippe , et par la position do prince d'Isenbourg à Mobringen, cantonna ses troupes aux environs de Cassel : ne pouvant se maintenir leul sur cette ligne, il fut oblige de songer * prendre ses quartiers d'hiver : son armée te retira sur Hanau, d'où elle fut répartie le long du Rhin et du Mein.

Je ne Ferai pas de nouvelles observations »nr cette campagne ; on les trouve à la suite de chaque événement. Quant à l'ensemble du plan et du choix des lignes d'opérations, je me réserve de les analyser dans les chapitres XIV et XXXI , parce que toutes les années de cette guerre offrirent à peu près les mêmes combinaisons. Enfin, je comparerai la manière fautive dont ces opérations furent conduites, avec le système qui a été consacré depuis, par une série d'événements dont l'histoire offre peu d'exemples.

Les chances de la guerre maritime dans cette campagne furent contraires à la France, et il était aisé de le prévoir d'après le système de son ministère. S'épuisant pour une guerre fatale sur les rives du YVesel, il ne portait que des soins insuffisants vers sa marine. Ses flottes négligées, se présentaient partout avec le sentiment de leur infériorité; aucune alliance convenable n'était ménagée pour remédier à ces fautes intérieures.

Pendant qu'une maîtresse, un cardinal faible ou complaisant, et le défaut d'esprit public, ruinaient la considération de la France, l'Angleterre venait de voir un grand homme succéder au duc de Cumberland ; Pitt (lord Chatam) avait pris les rênes des «I ta ires.

La rupture de la convention de Klosterseven fut son coup d'essai ; son vaste génie, ta fermeté, son patriotisme se déploient à l'cnvi dans tous les actes de son ministère : les efforts redoublent dans les ports, l'offensive la plus redoutable se prépare sur terre comme sur mer : des armements con-

sidérables vont porter des renforts à l'armée hanovrienno ; une autre expédition est projetée sur les côtes de celle France, qui a tant de ressources et en fait un si mauvais usage.

La Galissonnièrc, qui avait vaincu les Anglais dans la Méditerranée, meurt oublié; le pusillanime Conflans lui succède, et la marine déjà inférieure en matériel est désormais perdue.

Les Anglais, auiméspar les succès du duc de Brunswick en Wcstphalie, redoublent d'audace ; ils se présentent inutilement vers Rochefort, descendent sous les ordres du célèbre Anson, près de Saint-Malo, et y brûlent des chantiers, des frégates et des bâtiments : ils viennent ensuite débarquer à Cherbourg pour en combler le beau bassin, et mettent le sceau à leur témérité en jetant environ 10,000 hommes à terre, sur la côte de Saint-Bricux.

Mais de toutes parts les troupes accourues à temps fondent sur eux ; quelques régiments de ligne, soutenus des braves milices bretonnes, les accablent à Saint-Cast et les forcent à regagner leurs vaisseaux, avec perte de 3,000 hommes.

Plus heureux dans les autres parties du monde, ils vainquirent dans l'Inde à Plassey; à Gorée sur la côte d'Afrique et au cap Breton.

En Canada le génie et la bravoure de Montcalm luttent avec succès contre les difficultés d'une position désespérée ; il remporte sur les insulaires une victoire importante àTiconderago, le 8 juillet 1758. Mais privé de communications et de secours, malgré la constance héroïque qu'il oppose à tous les efforts, il doit succomber à la longue, par les avantages que l'empire de la mer assure dans une expédition si loin de la métropole.

La Hollande , bientôt attaquée dans son commerce, vit élever dès lors ces prétentions contre les neutres qui ont encore redoublé de nôs jours ; elle réclama et se borna à des

TRAITÉ DES GRANDES OPERATIOISS MILITAIRES

menaces ; l'amirauté de Londres promit de* enquêtes , arma et continua ses captures ; l'Europe s'endormit au moment où elle aurait dû combattre avec force un système qui menaçait de la rendre un jour tributaire et qui n'a que trop bien atteint ce résultat.

A tous ces maux le gouvernement français n'opposait que des mesures propres à les aggraver. Le duc de Choiseul venait de remplacer le cardinal de Bernis aux affaires étrangères ; soit qu'il sentit la nécessité d'abonder dans le sens de la marquise de Pompadour pour arriver au rôle de premier ministre qu'il ambitionnait; soit qu'il agit par conviction et d'après de faux calculs, il étendit encore les dispositions du traité de Versailles en promettant à Marie-Thérèse, outre le corps auxiliaire de 24,000 hommes, de porter jusqu'à 100,000 combattants en Allemagne, pour couvrir les Pays-Bas et les Etats de l'Empire ; clause monstrueuse, que l'auteur ne répara que trois ans plus tard par la conclusion du pacte de famille.

Mais nous nous laissons entraîner à des aperçus étrangers à ce traité didactique, en oubliant que nous n'avons pas voulu écrire l'histoire générale de ce règne malheureux.

Revenons aux armées de Frédéric.

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