‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne, avec un recueil des principes les plus importants de l'art de la guerre, rédigée sur de nouveaux documentsChapitre 82 sur 196 · CHAPITRE MU · texte numérisé non relu

CHAPITRE MU

en avant de leur ligne, et que le roi leur déroba la manœuvre qu'il méditait pour accabler l'aile gauche. Les Autrichiens avaient à la vérité poussé des corps nombreux en avant sur ?îeumarck ; mais ils furent battus et rejetés sur l'aile droite : la force même de ceux-ci était contraire à leur but, car l'on observe mal avec de petites armées. Ces deux actions mémorables justifient les maximes suivantes :

1° Lorsqu'une armée occupe un camp sur <k$ hauteurs y ou tout autre terrain propre à hti servir de champ de bataille, elle doit faire rclairer le terrain en avant de son front et àt tes flancs , afin d'empêcher l'ennemi de gainer une extrémité de la ligne par un mourment dérobé ;

2° Attendu que des corps nombreux, disséminent inutilement les forces, éveillent t attention de rennemi et ne garantissent pas mieux «mire une surprise , on fera bien de placer dans ces accidents de terrain , de petits postes S observation indépendants, qui puissent aussi lien communiquer entre eux qu'avec l'arntèe on les corps intermédiaires.

Je terminerai en observant, qu'on confond trop souvent le mot de surveiller avec celui d'occuper militairement ; des armées ont été battues pour avoir détaché des divisons où il ne fallait que des partis.

La conduite de Daun dans cette bataille mérite des éloges : il paraît néanmoins qu'il commit une imprudence en ne faisant donner sa droite qu'à huit heures , tandis que I» fauche était vivement engagée depuis cinq. L'attaque de la première ayant pour but d'empêcher la gauche du roi de se porter au secours du point principal, devait être simultanée : bien que le maréchal eût •'es raisons puissantes pour n'engager sérieusement cette aile qu'après le succès de 1 attaque de Hohenkirch , cela n'empêchait P*»de faire les démonstrations nécessaires pour tenir de ce côté les ennemis en échec. | Enfin, le dernier reproche fondé qu'on est droit de lui faire, c'est de n'avoir pas

poussé l'armée prussienne plus vivement, lorsque déjà engagée et battue, il n/»vait rien à risquer en marchant sur elle. Lcfnût d'une victoire dépend de savoir en profiter, c'est le talent le plus désirable dans un général ; c'est aussi en cela que l'art a fait les plus grands progrès de nos jours, et nue plusieurs capitaines ont donné les plus belles leçons à la postérité. Je me propose, au reste, de revenir sur ce chapitre, eu traitant des dernières guerres.

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