‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 107 sur 241 · Plutarque, Perieletf XXXVII · texte numérisé non relu

Plutarque, Perieletf XXXVII

3. Plutarque, PerideSf XXXVII; Grote, Histoire de la Grèce, tome VIII, p. 205.

3. Diodore de Sicile, XII, 45; Plutarque, Perieles, XXXVII; Grote, Histoire de la Grèce, tome VIII, p. 20S-206.

4. Certes le patriotisme et rafTectioD qu'il avait pour Périclès dictèrent cette conduite à Alcibiade. Mais, eu pénétrant le caractère du jeune ambitieux, n*est-on pas en droit de penser que ces nobles sentiments étaient stimulés chez lui par une moins généreuse pensée d'intérêt personnel ? Si Alcibiade avait eu à celte épqque trente ans au lieu de vingt ans, et qu'il eût été ainsi en ftge de succéder à Périclès,

gueil et le patriotisme du grand citoyen. Cédant enfin à ces conseils et à ces prières, Périclës revint à l'Assemblée. Lorsqu'il entra dans l'enceintOi le peuple entier l'acclama, et déplora son ingratitude envers lui. Il fut réélu stratège ^ Il était nouveau à la tète de l'État.

Ce fut un b^u triomphe, mais de courte durée. Déjà vieux, découragé, épuisé par une vie passée tout entière dans les expéditions lointaines, les labeurs politiques et les luttes oratoires, brisé par sa récente disgrâce et par ses douleurs de père, Péridès mourut l'année suivante (429) d'une fièvre pernicieuse qui le mina lentement ^ Il expira entouré de ses amis et des principaux magistrats de la République, les entendant, dans son agonie, célébrer ses victoires, son

eût-il pris tant de peine pour engager celui-ci à reprendre le pouvoir f Au contraire, à cause de cet Age qui empêchait encore Aldbiade de conduire les affaires publiques, il avait tout avantage à ce qu'il n'y eût pas pour ainsi dire d'interrègne entre lui et Pôridès.

1. Diodore de Sicile, XII, 46; Thucydide, II, 65; Plutargue, Perieles, XXXVII.

2. Plutarque dit que Périclès mourut de la peste; mais d*après la description qu'il donne des symptômes de la maladie, Cf. Diodore de Sicile, XII, 58, il semble que ce fut d'une de ces fièvres paludéennes pernicieuses, qui ne sont point encore rares à Athènes à cause de la proximité des marais de Phalère. En ce siècle, combien de voyageurs, d'artistes et de savants qui sont morts en Grèce de cette fièvre ou qui en ont rapporté les germes funestes

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génie et ses vertus ^ Soudain, il se ranima et il leur dit : < Je m'étonne que vous ayez si présents à Tesprit

< et que vous vantiez si fort des exploits dont la for-

< tune doit partager la gloire, et dans lesquels tant « d'autres stratèges m'ont égalé, tandis que vous ou- « bliez ce qu'il y a de plus grand et de plus glorieux « dans ma vie : c'est que je n'ai jamais fait prendre « le deuil à aucun Athénien ^. »

Sublimes paroles, si les faits les justifiaient. Ces paroleSy aucun pasteur des peuples, autocratique ou démocratique, ne les peut prononcer en toute sincérité. La Divinité elle-même ne peut comme Pilate se laver les mains du sang répandu en son nom dans les holocaustes, les massacres, les martyres et les guerres religieuses. Certes, Périclès était fier à juste titre de n'avoir, durant qu'il était au pouvoir, sacrifié aucun citoyen à ses inimitiés personnelles. Encore, c'est qu'il oubliait le bannissement de Gimon et l'exil de Thucytide TAncien '. Mais n'avait-il pas excité les Athéniens & la guerre en mainte circonstance ? Les guerriers tués

1. Plutarque, PeneUit XXXVIII. — Ils rappelaient entr'autres faits glorieux que Périclès avait, comme stratège, érigé neuf trophées en Vhonnear d'Athènes, pour autantde batailles rangées qu'il avait gagnées.

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