Piotaïque, Niciai, VIII
2. Thucydidt, IV, 53, 56; Diodore de Sicile, Xll, 65. Cî. Plutarque, Nieids, IV, VI.
SIS HISTOIRS d'aLCIBIADE.
qu'il eût joué un rôle important à cette époque de rhîstoire d'Athènes. Mais T'fitat ne réclamait alors de lui que son vote à l'Ekklèsia et son bras à l'armée. Sans doute il fut compris comme triérarque et comme cavalier dans les nombreuses levées qu'Athènes envoyait chaque année contre l'ennemi. Cependant les
historiens qui citent Alcibiade % Potidée et plus tard à Délion parmi les soldats athéniens, ne disent pas qu'il ait pris part aux campagnes de Phormion, de Pakhès, de Démosthène et de Nicias. Certes il eut à voter à l'Assemblée toutes ces décisions, ces levées d'hommes, ces armements de flottes, ces nominations de stratèges, ces expéditions lointaines, ces nouvelles lois. Et quoique la tribune aux harangues lui fût encore fermée, on peut douter que son action dans le gouvernement se réduisit à un seul suffrage, perdu au milieu de cinq ou Isix mille. Car si la parole lui était interdite sur le Pnyx, il n'en était pas de même dans les hétairies, sortes de sociétés secrètes, d'associations politiques, où les citoyens d'un même parti se concertaient à l'avances ni à l'agora, où les démagogues avant de
1. Sur les hétairies, Toir Thucydide, le scoliaste, et les commeotateurs, VIII, 54; Wachsmuth, HeUen. AUerthumsk, 1 1, p. 636^ SQvero, Arg. der Wolken Àrittoph,; Grote, Histoire de la Grèce t. IX, p. 8; t. XI, p. 68, 77; Hertzberg, AUcibiad. der StaaUmann und Feldherr, p. 83, sq. ; et le tome II de cette histoire, livre III, chap. ii.
TIE PRIVil d'aLCIBUDE. 213
se rendre à TAssemblée se mêlaient à la foule et pré*; paraient en quelque sorte les décisions de rEkklésia, encourageant leurs partisans, convainquant les indécis et t&chant de gagner leurs adversaires. Là, Alcibiade pouvait être d'un grand appui à un parUi car sa fortune, son nom, sa vaillante conduite à la bataille de Potidée et son éloquence devaient déjà lui donner un certain crédit sur la multitude.
A en juger par un vers des Achamiens^ d'Aristophane, (représentés en 426), dans lequel le fils de Rltnias est traité de bavard ^ il semble qu'en effet Alcibiade s'était fait connaître par ses discours sur l'agora longtemps avant d'avoir atteint l'âge légal pour aborder la tribune du Pnyx. L'épithëte infâme ^ accolée à celle de bavard, semblerait aussi indiquer, par sa violence même, qu' Alcibiade, dès cette époque, appartenait au parti démo* cratique. S'il avait soutenu le parti de Nidas, le parti réactionnaire, dont Aristophane se fit le défenseur, sans ménager à ses adversaires les insultes et les calomnies', le grand comique ne l'eût pas tratné sur la