Eschine, dté par Plutarque, Periclei, XXIV
3. Xénopboa, Memùràb. III, 11; Lucien, Meretrie. Dialog. ; klci* phron, Bpist.f II et III.
VIE PRIVÉE D'aLCIBIADE. 217
était pour la masse des citoyens, le foyer des affaires et râtelier de l'opinion publique. Et à Tombre des platanes, sous les portiques, auprès des bosquets d'arbres verts du Géramique-Extérieur, des pallaques et des aulétrides, venaient chaque jour s'offrir aux Athéniens. Dans les demeures des hétaïres comme sur la promenade des pallaques, ses richesses et sa beauté donnaient à Alcibiade droit de cité.
On sait le nom de plusieurs des maîtresses d'Alci* biade. Les plus connues sont Tbéodote, qui est peut-être la même que la riche et belle hétaire Théodète, avec laquelle Socrate aimait à s'entretenir* ; et surtout Timandra, qu' Alcibiade garda toute sa vie comme compagne, et qui le suivit dans la bonne et la mauvaise fortune^. Selon les témoignages contemporains^ Alcibiade ne se bornait pas à ces deux femmes, qui étaient pour ainsi dire ses maîtresses reconnues ; il menait aussi débauche avec nombre d'autres hétaires, palla-
1. Athénée, XII, 9; XIII, 4. — Cf. Xénophon, MemoraK,, III, 2.
2. Platarque, Alcibiade, XXXIX; Athénée, XII, 9; Xni, 4 ; Gasaubon, Comm, ad Àthen.j ihid,
Plntarque nomme cette femme Timandra. Athénée au liyre XII, la nomme également Timandra: mais au livre XIII, il rappelle Damaaandra, et c'est manifestement de la même femme qu*il s'agit, puisque ces deui auteurs aux trois passages précités lui attribuent les mêmes actes, et la font, à tort ou à raison, mère d'une des deux Lals, courtisanes de Corinthei
818 HISTOIRE D'ALCIBXADE. '
ques et aulétrides^ Et ses succès ne s'arrêtaient pas aux conquêtes pins ou moins faciles des courtisanes, c Xénophon dit qu'il « était encore poursuivis & cause de < sa beauté, par une foule de femmes honnêtes : ^Xxt-
c OYiptofjLevoç'....»
A cette époque en effets cet homme , que Ton a surnommé le Don Juan grec, avait environ viogt-cinq ans« Sa beauté gardait encore Féclat radieux de la jeunesse et prenait déjà la majestueuse puissance de la maturité.
La plupart des auteurs anciens qui parlent d'Aldbiade, Xénophon, Platon , les Comiques, Plutarque, Athénée, Cornélius Népos, Justin^ Maxime de Tyr, saint
1. Cf. EupoIiS; Frag.; Phérécrate, Frag,; Anonym. Frag. (Frag^ menta Comicorum Grascorum; édït. Didot;p. lU» 174. 725); Athénée^ XXII, 4 ;. Pseudo-A.ndocide, C. Aleih. 10.
2. Il faut remarquer la force de rexpression Oripcof&evoc. « Poursuiri » ne la rend que tr&s-imparfaitement. Sa vraie traduction serait : chaasâ comme une bête fauve. L*étymoIogie est Ovipa, bête sauvage.
3. Xénophon, Memorah,,l,2, Cf. Pseudo-Andocide^ C, Akibiad. 10; Frag. Comic, anonym, (édit. Didot, p. 725); Athénée, XIII, 4.— Honnête est le sens le plus généralement donné du mot œsiavôc. Dans ce sensci la vrai traduction de ac(ivè5v Yuvaixéôv , serait : femmes du monde ; car il est étrange de qualifier d'honnêtes, des femmes que leur rang oblige en effet à donner Tezemple de la vertu, mais qui s'aflhmchiftsent sans scrupule de ce devoir. Il est vrai qu'on s'exprime encore ainsi aujourd'hui. Plus on s'avance dans l'étude du monde antique et plus on y retrouve notre civilisation aussi brillante que corrompue*
LES BUSTES D'aLCIBIADB. 219
Clément d'Alexandrie , sont unanimes à témoigner sa grande beauté ^ Platon dit qu'AIcibiade « était le plus « beau et le mieux fait de tous les hommes '. > Selon Plutarque, « il fut également beau à toutes les périodes « de la vie, dans son enfance, sa jeunesse et son Age « viril'. > Gomme Platon, Cornélius Népos, dit qu'Alcibiade « était de beaucoup le plus beau de tous les « hommes de son temps *•» Mais ce qui affirme plus la beauté d'Alcibiade que tous ces témoignages enthousiastes, c'est que, dans sa jeunesse, les statuaires athé« niens le priaient souvent de poser devant eux quand ils avaient à faire la statue d'Eros ou la statue d'Hermès "• Alcibiàde, sous sa propre figure ou sous celle de ces dieux, fut nombre de fois sculpté et peint. A son retour des Jeux Olympiques, où il avait remporté la victoire, il se fit faire deux portraits par le peintre
1. Xénophon, Memorah,, l, 2; Platon, Prtm. Akihiad,, p. 104; Frag. Comte, Grœc, (édit. Didot,) p. 725; Plutarque, Alcibiad. I; Athé« née, XIII, 9; Cornélius Népos, Alcibiad.y I; Justin, V^ 1 ; Maxime de Tyr, Dissertât. XXIV; saint Clément d'Alexandrie, iidmontt. ad Cent, p. 35.
2. OUt yàp 2^ elvat Tcpâiov |jiv, xàXXi9TÔc te xal (i^Yioroc* (xal ToOto |iàv dî) icovTt ofiXov ISetv 5ti ou <Veu8ig.) Platon , Prtm. Àkibiad,^ p. 104.