Xénophon; Memoràb, III
216 HISTOIBS D'aLCIBIADE.
donc le degré de dépravation des Abydéniennes, Âlci* biade n'avait pas à prendre leurs leçons. Loin d'en recevoir d'elles, il leur en eût plutôt donné.
Sauf ce voyage à Abydos, si on l'admet toutefois, et quelques expéditions, Âlcibiade resta à Athènes de l'année 429 à Tannée 424 av. J. G. Son existence s'écoula, riante et animée, au milieu des banquets et des promenades socratiques, des réunions et des discours de l'agora, des exercices de la palestre et des gymnases, mais surtout dans les plaisirs, l'orgie, la débauche, dans la fréquentation des riches hétaïres et de la foule des pallaques. A la mort de Périclès, les célèbres réunions d'Aspasie, où se rencontraient hommes politiques, sophistes, jeunes chevaliers, poètes et courtisanesS avaient été suspendues. Mais la Milésienne les reprit quelque temps après, lorsqu'elle fut devenue la maltresse du riche marchand de bestiaux Lisyklès'. D'ailleurs certaines hétaïres, Gnathaena, Lagisque, Arkhéanassa, Théodète*, avaient suivi Fexemple donné par Aspasie ; elles avaient, elles aussi, créé ces réunions qui étaient pour la classe élevée ce que l'agora