Thucydide, IV, 93,96; Diodorede Sicile, XII
2. Thucydide, IV, 93. — Les Thébains furent les premiers qui. adoptèrent cet ordre de bataille. Les Lacédémoniens, les Athéoiens, et les autres Grecs ne combattaient que sur huit, dix, ou douze hommes de profondeur. Philippe et Alexandre qui vainquirent les Thébains leur prirent cependant leur ordre de bataille. La fameuse phalange macédonnienne, forte de six mille hommes, se formait par files de seize hommes sur trois cent soixante-quinze hommes de front. Les capitaines successeurs d'Alexandre, Antigène, Ptolémée, Sélencus, augmentèrent encore la profondeur des phalanges. Us portèrent les files à trente et jusqu'à trente deux hommes.
serrés et profonds, plus ils avaient chance d'entamer, de disperser et d'écraser les bataillons ennemis. C'est à cet ordre de bataille que les Thébains durent toutes leurs victoires.
Le péan terminé, les Béotiens descendirent rapidement la colline. Les Athéniens s'ébranlèrent à leur tour. Les deux armées s'élancèrent au pas de course, piques en avant. On s'aborda avec une telle furie que les boucliers se heurtèrent ^
Dans les récits des chroniques et des poimes du moyen âge, on frémit à la pensée de ces combats singuliers où deui chevaliers bardés de fer couraient l'un contre l'autre, lance en arrêt, de toute la vitesse de leurs chevaux. Quel choc effrayant devait résulter de la rencontre de ces deux forces et de ces deux élans I Mais combien, dans ces grandes batailles de la Grèce, devait être plus effroyable le choc d'une armée contre une armée! Ce n'était pas deux guerriers qui se heurtaient; c'étaient des masses compactes de dix mille hommes, pesamment armés, étroitement serrés en profondeur comme en largeur. La pique menaçante, le bouclier élevé devant la tête et la poitrine, les hoplites se précipitaient au pas de course les uns contre les autres; le premier rang appuyé par le second rang, le