Thucydide, V, 46; Plutarque^ Nicias, X
2. La restitution d'Amphipolis et de Panakton intact, et Tabandon de l'alliance béotienne qui leur était interdite par le traité de Nicias.
3. Thucydide, V,46. Cf. Plutarque, Nicias, X; Aleihiad.yXTf; Diodore de Sicile, XII, 77.
4. Thucydide, V, 47. — Quelle que soit la longueur de ce curieux document diplomatique des âges évanouis, nous ne craignons pas de le reproduire in extenso. Par la yérité nue qu'il respire, par les détails qu'il contient, clauses, formules de serments, soldes des troupes, inscriptions, titres des magistrats, érections de stèles; il semble, en le parcourant, qu'on entre bien dans la vie antique, qu'on ressent les passions politiques des Hellènes du cinquième siècle, qu'on est soi-même intéressé à cette lutte de Sparte et d'Athènes. On se convainc que les Grecs qu'on voit toujours à travers le prisme de la poésie et les splendeurs de la statuaire n'étaient point d'adorables fantômes créés par les poètes et les sculpteurs, mais des hommes de nerfs et de sang , formés du môme limon que nous, et vivant dans
ALLIANCE d'aTHÂNXS ST D*ARG0S. 303
< alliance de cent ans, pour eux et pour leurs alliés qui y consentiront, sans dol, ni fraude, ni sur terre, ni sur mer.
« Si quelque agresseur entre à main armée sur les terres des Athéniens, les Ârgiens, les Éléens et les Mantinéens viendront au secours d'Athènes, suivant leurs forces et selon qu'ils en auront été avertis par les Athéniens. Si l'oppresseur se retire après avoir dévasté la campagne, les Argiens, les Mantinéens et les Éléens le tiendront pour ennemi, lui feront la guerre et ne la termineront que d'un commun accord.
« Les Athéniens sont tenus aux mêmes obligations envers les Argiens et leurs alliés, que les Argiens et leurs alliés envers les Athéniens.
< Les cités contractantes empêcheront tout passage de troupes, sur terre comme sur mer, à travers leur territoire, à moins qu'une autorisation ne leur ait été accordée d'un commun accord par les cités d'Athènes , d'Argos, de Mantinée et d'Élis^ «La cité qui enverra des troupes auxiliaires leui"
les mêmes pensées, les mêmes inquiétudes, les mômes luttes, les mêmes ambitions. Ce qui accroît l'intérêt de ce traité, c'est qu'on peut le considérer avec assurance comme Pœuvre d'Alcibiade. — Nous traduisons ce traité textuellement, sauf quelques omissions sans impd'r« tance.
fournira des vivres pour trente jours, à dater du jour de leur arrivée dans la ville qui les aura manàéesj et pourvoira de même à leur retour. Si le séjour des troupes se prolonge, la cité qui les aura appelées devra comme solde par jour : à chaque hoplite, homme légèrement armé ou archer, trois oboles éginëtes; à chaque cavalier, une drachme éginète.
« La cité qui aura mandé les renforts alliés aura le commandement suprême si la guerre a lieu sur son territoire. Mais si les villes alUées entreprennent quelque expédition en commun, toutes les cités participeront également au commandement.
« Les Athéniens jureront cette alliance pour eux et pour leurs alliés. Les Argiens, les Ëléens, les Mantinéens et leurs alliés jureront dans chacune de leurs cités. Chacun des États jurera selon les usages par le serment le plus solennel en sacrifiant des victimes, et on jurera de part et d'autre en ces termes : Je me tiendrai dans Valliance selon les pactes et les con* ventions avec justùx et sincérité. Je ne la violerai en aucwM façon j ni par mensonge ni par machination. > « A Athènes, le serment sera prêté par le Sénat « et les Stratèges, entre les mains des Prytaoes; à Ar* m gos, par le Sénat, les Quatre-vingts et les Artynes,
ALLIANCE D'ATHÈNES ET d'aRGOS. 305
t entre les mains des Quatre-vingts ; à Mantinée, par ■ les Démiurges, les Sénateurs et les autres magistrats,
< entre les mains des Théores et des Polémarques ; en «£lide, par les Démiurges, les Administrateurs des
< impôts et les Six Cents, entre les mains des Dé-
< miurges et des Thesmophilaques.
< Les serments seront renouvelés par les Athéniens « en allant à Élis, à Mantinée et à Argos, trente jours « avant les Jeux Olympiques; par les Argiens, les « Ëléens et les Mantinéens en allant à Athènes, dix t jours avant les grandes Panathénées.
< Les conventions de ce pacte d'alliance seront « inscrites sur des stèles de pierre, que les Athéniens « érigeront dans Tacropole , les Argiens sur TA- « gora, dans le temple d'Apollon, les Mantinéens sur « l'agora, dans le temple de Zeus. On érigera aussi à c frais communs une stèle d^airain à Olympie, durant « les Jeux Olympiques qui se célébreront dans peu de
< temps/ »
La plupart des historiens s'accordent à dire qu'Alcibiade en engageant le Peuple à conclure l'alliance argienne ralluma la guerre avec Sparte, et qu'il fut ainsi funeste à Athènes. Cette assertion étrange est en pleine contradiction avec Thucydide. D'une simple