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CHAPITRE DEUXIEME

Les Jeux Olympiques de la quatre-vingt-dixièine olympiade. (420 av. J. G.;. — Magnificence d'Alcibiade dans la théorie athénienne d'Olympie et ses victoires à la course des chars. — Expédition d'Alcibiade dans le Péloponnèse (419). — Reprise des hostilités entre Argos et Sparte. — Agis envahit PArgolide. — Armistice. — Ambassade d'Alcibiade à Argos. Rupture de la trêve. — Capitulation d'Orchomène. — Bataille de Mantinée. — Dissolution de la ligue Argo-Athénienne (418). — Révolution et contre-révolution k Argos. — NouveUes missions d'Alcibiade à Argos (417-416).

L'année de la conclusion du traité avec Argos fut une des plus brillantes et des plus fortunées de la vie d'Alcibiade. Grâce à lui, les Athéniens rompirent le funeste traité de Nicias qui les liait aux Spartiates sans engager ceux-ci, et ils conclurent avec les Arglens une avantageuse alliance. Alcibiade jouit alors dans Athènes de la popularité qu*il ambitionnait. Un non-

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veau triomphe lui était réservé à quelques jours de ce premier succès.

On voit dans le texte du traité argo-athénien que les Jeux Olympiques sont désignés comme devant être célébrés trè {-prochainement ^ En effet, avec l'année 420 commençait une* nouvelle olympiade, la quatre-vingtdixième; de là, le retour périodique des Jeux Sacrés que Ton célébrait au commencement de chaque olympiade, c'est-à-dire tous les quatre ans, ou plutôt tous les cinquante -deux mois*. La solennité olympique de cette année s'annonçait comme un honneur pour les Athéniens, comme un affront pour les Spartiates. Les Athéniens qui, depuis le début de la guerre du Péloponnèse avaient naturellement été exclus de la fête panhellénique par les Lacédémoniens et leurs alliés d'Ëlis et des autres cités de la péninsule , avec lesquels Athènes était en guerre, allaient y reparaître*. Les Spartiates ne devaient pas y assister : les Éléens les en avaient proscrits^ Aussi les Athéniens s'ef-

1 xocraOévTCDV ht ntjaX 'CXu^imàai vtyjXtiv x^Xx^iv xoiv) 'OXu|Lff{oic

ToT; vvvC. Thucydide, V, 47.

2. Deux mois après l'espace de quatre années révolues. Suidas, s. y. 'OXv(ji?c(ot.

3. Cf. Thucydide, V, 47, 50. Grote, Histoire de la Grèce, t. IX, p. 31 4, note 2.

4. Durant une fête olympique antérieure, les Spartiates étaient en* très en armes sur le territoire d*£lis, malgré la tré?e de cinq jours;

THÉORIE OLYMPIQUE D'aTHÈNBS. 315

forcèrent-ils de paraître à Olympie avec une magnificence et un éclat inaccoutumés, autant pour faire regretter leur absence aux deux fêtes précédentes que pour imposer silence aux insinuations de leurs anciens ennemis, maintenant leurs alliés, du Péloponnèse, qui prétendaient qu'Athènes appauvrie, presque ruinée par onze années de guerre ne pourrait envoyer aux Jeux une théorie^ digne de la solen-

sorte de conyention que Ton pourrait assimiler à la trêve de Dieu du moyen ftge et par laquelle il était interdit à tout Grec de combattre ou d'entrer en armes sur le territoire d'Élis pendant la célébration des Jeux. Les filéens exclurent donc les coupables des Jeux; et dans la crainte que les Spartiates ne voulusKent forcer la consigne, ils mirent sur le pied de guerre un corps de jeunes gens et firent venir dans les environs d'Olympie d'importants renforts : mille Ârgiens, mille Mantinéens, et un contingent de cavaliers athéniens. Ces précautions devaient Atre inutiles, car les Lacédémoniens, constatant la puissance de la Confédération Argo-àthénienne^ subirent cet affront sans chercher à en tirer immédiatement vengeance. Ce fait est rapporté avec d'amples détails par Thucydide j V, 49, 50. ^ Cf. Eschine^ De Fait,, leg, Pausanias, V, 20.

1 . Comme chacun sait, une théorie (de Oeôc, Diou, et de âpa, soin] était une députation solennelle envoyée par une cité aux temples des Dieux, — telle la théorie de Délos, — aux fêtes des Dieux, — telle la théorie d'Eleusis, — ou aux Jeux panhelléniques célébrés en Thonneur des Dieux, — telle la théorie d'Olympie. On appelait théorestous ceux qui faisaient partie de ces députations dont les chefs avaient le titre d'archithéore. Les Archithéores avaient à organiser la thé9rie,à la pourvoir de chanteurs, de musiciens, de troupes d'athlètes, enfin à la diriger. L'architbéorie était une des formes de la chorégie. Les citoyens de la classe riche devaient à tour de rôle s'acquitter de cette onéreuse

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Dite'. Les archithéores , les simples citoyens même qui se préparaient à faire partie de la théorie, rivalisèrent d'efforts et de dépenses pour que la théorie athénienne surpassât toutes les autres par sa splendeur et son éclat : chœurs de musiciens et de chanteurs, encensoirs et couronnes d'or, patères de bronze, trépieds d'airain pour les cérémonies religieuses , grasses victimes pour les sacrifices, chars et chevaux, riches vêtements, aulètes et cytharistes pour les processions et les libations, statuettes et tableaux, boucliers votifs, armures étincelantes, vases précieux, objets d'ivoire pour les ex-voto, riche vaisselle et tentes somptueuse!} pour les repas publics et les campements, biges et quadriges, troupes choisies d'athlètes, de coureurs, de discoboles et de lutteurs pour les jeux; tout était à profusion et magnifique. C'était le faste asiatique allié au goût athénien^.

liturgie. Le fonds théorique de TEtat subTeuait dans une certaine m^ sure aux dépenses de la théorie, et les simples théores s'efforçaient, par orgueil national, d'en augmenter le luxe, mais c'était aux Archi* théores que revenait la plus grande partie des dépenses. Cf. le scoliaste de Pindare, Olymp. od,j V; Pausanias, VI, 14; Lex. Seg.y p. 359; les lexicographes, au mot; Bœckh, Économie jiolitique des Athénienim t. II, p. 234, sq.

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