Thucydide, VI
2. Pour la magnificence de Téquipemont et des offrandes des théories consulter :Xénophon, Jfemora&.,in, 12; Athénée, I, 3 ; Plutai^
MAGNIFICBMCE d'aLCIBIADE. 317
Alcibiade contribua plus que nul autre à ces pompes sacrées. Et il était en cette circonstance d'autant plus digne d'éloges qu'il n'avait pas été désigné comme archithéore^ Ainsi ses dépenses énormes étaient absolument volontaires, et il savait que le fonds théorique de l'État ne lui serait d'aucun aide*. Alcibiade conduisit sept chars de course aux Jeux Olympiques'. Jamais personne, ni citoyen, ni roi, ni république, ÂlcibiatLjXl; le scoliaste de Pindare, Olymp., od. V; Pausanias, VI, 14; VUI, 54; Strabon, VIII.
1. Ceci est prouvé par un passage du Pseudo-Andocide, C. Àlcib., 39, où il est dit qu'Alcibiade emprunta aux Archithéores plusieurs objets pour le grand repas qu'il donna à Olympie. S'il eût été lui-même archithéore, il ya sans dire qu'il n'eût pas eu à emprunter ces objets.
2. Voir sur la liturgie appelée archithéorie la note 1 de la p. 315, et sur les liturgies en général, l'introduction, p. 14.
3. Thucydide, VI, 16; Cf. Euripide, cité par Plutarque, AlcOnad,, XI; Pseudo-Andocide, C. Alcibiad., 26 ; Isocrate, De Big., XIV ; Athénée, I, 9 ; Plutarque, i2ct&tad., XI. — La plupart des auteurs anciens qui s'occupent d' Alcibiade, mentionnent sa victoire aux Jeux Olympiques; mais aucun ne nous renseigne positivement sur la date de cette
victoire. Parmi les historiens et les commentateurs modernes, les uns la fixent à la 89* olympiade (425 avant l'ère chrétienne) ; les autres à la 91* olympiade (416) ; d'autres enfin, parmi lesquels nous aimons i trouver M. Grote, à la 90* (420). Pour nous, les deux premières hypotéses doivent être écartées, et la seule admissible est celle à laquelle s'est rangé M. Grote. La victoire d'Alcibiade aux jeux olympiques date de la première année de la 90* olympiade, 420 avant Jésus^rist. Cf. Chambeau, de Aîcibictde, p. 30 ; Hecker, de Alcibiadis VMribus, p. 89 ; Grote, Histoire de la Grèce, t. IX, p. 314 ; Hertzberg, AUUbiad. StaaUmann und Fekt^err, p. 99, sq.
318 HISTOIRE D'ALOBUBE.
que n'avait envoyé aux Jeux Panbelléniques un tel nombre de chars ^.
A cette époque, la formation et l'entretien de ce qu'on appelle aujourd'hui en terme de sport une écurie de courses j étaient excessivement dispendieux'; et il était très-rare de voir un simple citoyen envoyer un char aux concours olympiques. Seuls, les rois, les tyrans ou les Républiques, celles-ci en se servant du fond théorique, étaient assez riches pour prétendre disputer le prix dans rhippodrome'. Encore ne concouraient-ils qu'avec un ou deux chars \ Aussi on peut s'imaginer Tétonnement et l'admiration qu'à l'arrivée de la théorie athé* nienne dans la plaine d'Olympie, les sept chars d'Alcibiade excitèrent parmi les députations de toute la Hellade *.
L'enthousiasme pour l'opulent Athénien fut tel, que plusieurs théories des cités les plus riches l'honorèrent publiquement comme s'il eût été Hèraklès luimême^ le premier vainqueur olympique à la course des
1. Thucydide, VI, 16. Plutarque, Akibiad., XI; Cf. borate, D$ Big.y XIV.