‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 19 sur 241 · Schœmann, Opuscula academica, U I · texte numérisé non relu

Schœmann, Opuscula academica, U I

3. Sur l'éligibilité de tous les citoyens à la stratégie» voir la longue note 1 de la page 17.

La dokimasie ou examen que devait subir tout magistrat athénien avant de prendre possession de sa charge , était une sorte d'enquête de la vie privée du citoyen élu ou nommé à une magistrature. U devait justifier qu'il était dans les conditions requises par la loi pour exercer une fonction publique ; c'est-à-dire qu'il était né de parents libres et athéniens; qu'il révérait les Dieux de la Cité; qu'il avait rempli ses devoirs envers ses parents; qu'il avait trente ans accomplis; qu'il avait servi honorablement dans l'armée; enfin qu'il n'avait commis aucune action infâme et qu'il n'était pas frappé de mort ci* vile (&ti(i(a).

LA GONSHTOTIOlf ATHÉlflBlfNK. 35

leoonnaes, fiirent soccessiTement renommés jasqu'à quarante-cinq fois à ces fonctions de stratège ^ ]

Commandants en dief des armées de terre et de mer *, les Stratèges ayaient à dresser les listes de recrutement, à surveiller les enrôlements, à examiner si les recrues étaient aptes au service, à renvoyer dans leurs foyers les vétérans qui avaient fini leur temps, à régler Téquipement des hoplites et des cavaliers, à assigner les garnisons aux troupes , à réunir et à présider les tribunaux militaires '.

Les Stratèges avaient le droit de convoquer le peuple sur le Pnyx en assemblée extraordinaire ^ La loi ne concédait ce privilège qu'aux Cinq-Cents et aux Stratèges. Quelquefois aussi les Stratèges étaient désignés par le Sénatou par l'Ekklésia comme ambassadeurs et envoies, chargés de pleins pouvoirs, vers un État voisin *.

1. Harpocration et Suidas, au mot lxçaxr,^6ç; Schœmann, Opuseula academiea, 1. 1, 285. Cf. Thucydide; Xéuophon^ et Plutarque, Pericl, i/etb., Phoe.

2. Hérodote, V, 66-69; Polyen, Vin, 9; Suidas et Harpocration, s. y. ZvpaniYéc. Cf. Aristophane et le scoliaste. Acharné ; Thucydide, Xé« nophon, Plutarque, Diodore, etc.

3. Lysias, C. Àkih. minor.y I et II; Démosthène^ Arguments PhUip.i I; PoUuz, vni, 9;Démo9thène, C. BocUi, 17.

4. Thucydide, IV, 118; Démosthène, de Corona, 38. — Légalement il bllait aux stratèges l'assentiment des Prytanes qui ne le refusaient iuais.

5; Aucun texte bien précis n'autorise Thistorien à affirmer que les

36 INTRODUCnOM.

Les dix Stragéges étant égaux en pouvoir, c'était la majorité des voix qui prononçait entre eux dana le conseil. Avant les réformes d*Ëphialtes, rArchonte Polémarque qui avait encore conservé une partie de ses attributions militaires décidait par l'appoint d'une ODzièmd voix, s'il y avait égalité de votes ^ Mais ce cas se présentait très-rarement, car le plus souvent il n'y avait que quelques-uns des stratèges ou même un seul à la tête d'une armée expéditionnaire. Les autres commandaient dans d'autres campagnes où demeuraient à Athènes s'occupant des enrôlements, de l'équipement, des manœuvres et de la juridiction militaire *.

Tels étaient les pouvoirs et les attributions des Stratèges. Est-il maintenant nécessaire de faire remarquer que si la puissance collective de l'Assemblée du Peuple et du Conseil des Ginq^Cents, surpassait de beaucoup

stratèges étaient quelquefois choisis pour ambassadeurs. Cei>endant la lecture attentive des annales athéniennes^ qui citent parmi les ambassadeurs des citoyens connus comme généraux, nous parait une raison suffisante pour le croire, sinon pour Taffirmer. H. Grote semble être de cet avis, quand il dit que la guerre et les affaires étrangères étaient assignées entièrement aux stratèges. Bisloire de la Grèce, t. VIT, p. 249. ^ Cf. sur les diverses attributions des ambassadeurs les Trattés publies chex les Grecs ^ de M. Egger, le grand initiateur aux choses de Tantiquité.

Page 1