Hérodote, V
2. Attesté par la première Philippique de Démosthène, et par tous les historiens grecs postérieurs à Hérodote : Thucydide, Xénophon, Plutarque, Polyen, Diodore de Sicile.
LA COlfSTITUTION ATHENIENNE. 37
la puissance collective du Collège des Stratèges, la paissance individiielle d'un stratège était autrement sérieuse et autrwient grande que la puissance Individuelle d'an sénateur ou d'un citoyen de FEkklésia. Les membres de TEkklésia et les membres du Sénat n'agissaient jamais qu'en masse. Réunis ils étaient tout; isolés, ils n'étaient rien. Le stratège au contraire agissait seul, de son propre mouvement, de sa propre initiative, risquant la mort s'il échouait, mais gagnant Fimmortalité s'il réussissait. Un grand orateur, un grand dompteur de fbule, avait peutrétre un pouvoir individuel égal à celui d'un stratège. Mais égal à l'orateur, le stratège pouvait parler à l'assemblée, la passionner et la maîtriser; supérieur à lui, il pouvait exécuter lui-même les décrets qu'il avait fait rendre. « A Athènes, disait Eschine, nul n'est irresponsable parmi ceux qui touchent à la chose publique*. » Cependant, si tous les magistrats étaient responsables, il y avait des degrés dans la responsabilité. II était presque impossible, en cas de mauvaise administration, de condamner les cinq cents membres du Sénat, ou même les cinquante membres d'une Prytanie ; il était facile au contraire (l'histoire d'Athènes en donne de terribles exemples) d'emprisonner, de bannir ou