Athénée, I
3S8 HISTOIRK D'aLCIBIADB.
moignage de Thucydide ^ Alcibiade fut donc proclamé vainqueur\ En une seule journée il Ait couronné trois
1. ...'evCxT)9a 6i, (ego Alcibiades), %a\ StuTepocxalTétaproc t[t>f6\KnVy Thucydide, VI, 16. ^ Plutarque qui oite les témoignages contradictoires d'Euripide et de Tliucydide, ne résout pas la question. C'est qu'elle est insoluble et que d'ailleurs sa solution importe peu.
Une question plus intéressante à résoudre serait la manière dont Alcibiade gagna ces prix. On sait qu'i l'exemple d'Héraklès, il ne daigna pas concourir en personne à la course olympique où il fat vainqueur, mais qu'il fit conduire son char par un certain lolas. C'était au reste la coutume des Grecs de confier leurs chars à d'habiles cochers. Ainsi| on peut admettre que les sept chars d'Âlcibiade parurent dans la môme course. C'est pourtant peu probable, car il semble d'après un vers de Sophocle (Eketray v. 708), que le nombre des chars qui pouvaient courir à la fois était limité à dix. En ce cas» Alcibiade aurait pour ainsi dire lutté contre lui-même, dans la proportion de sept contre trois adversaires. De plus, nous savons qu'un char béotien gagna aussi un prix aux Jeux Olympiques de 420 (Tliucydide, Y, 50). Peut-être doit-on plutôt penser qu'il y eut plusieurs courses dont une plus importante que les autres; que dans cette dernière un char d'Alcibiade fut victorieux : IvCxiiov; et que dans les autres, deux de ses autres chars arrivèrent le second et le troisième ou le quatrième : SeOrtpoc xai maproc iY*>^(^^^* ^^ hypothèse de plusieurs courses n'a rien d'inadmissible, car il y avait des courses de chars à deux chevaux et des courses de chars à quatre ohevaux. Or, dans le plaidoyer de Socrate pour le fils d'Alcibiade (ictpl toû Cc^ouc), il est bien question d'un char à deux chevaux; mais rien n'autorise à penser qu'Alcibiade dans ses sept chars n'avait que des biges et pas un seul quadrige. On peut croire au contraire qu'il avait conduit à Olympie des biges et des quadriges. —Voir sur la course des chars & Olympie, outre Pindare et son scoliaste et Pausanias, les quatre mémoires de l'Abbé Gédoyn. Mém. de V Académie de» Inseriptwne, T. Vm, p. 314, sq. 330 sq. et T. IX., p. 22 sq. et p. 360, sq. 3. Thucydide, VI, 16; Euripide, cité par Plutarque, Aldhiad., XI,
YICTOIRB B'aLCIBIADE ADX JEUX OLTIIPIQUES. 329
fois * des branchages sacrés de l'olivier sanvage, « Tolivier aux belles couronnes », qni croissait dans FAItiSy derrière l'opisthodôme du temple de Zeus Olympien*.
Cette triple victoire n'était pas seulement un honneur suprême pour Alcibiade ; c'était aussi une gloire nationale pour Athènes*. On ne peut s'imaginer que) enthousiasme et quel respect inspirait aux Grecs un vainqueur aux Jeux Olympiques, n'eût-il même été couronné qu'une seule fois. Dans certaines cités, on abattait un pan de murailles pour le retour du triomphateur', qui monté sur un quadrige et vêtu de pourpre entrait par la brèche comme un conquérant^: dans d'autres villes, les vainqueurs étaient à jamais exempts d'impôts %* presque partout la préséance dans les liturgies locales leur
Isocrate, De Big., XIV; Athénée, 1, 3; Cf.Pseudo-Andocide, C. Alcib. 26, sq.
1. Ou tout au moins deux fois, ainsi qu'il appert du témoignage des miteun précités. Cependant il se pourrait que la couronne eût été le priyilége exclusif du premier prix; et que le second, troisième et quatrième prix eussent eu seulement droit à une proclamation publique et à une inscription sur le registre des Jeux.
2. K6TIV0Ç. C'était en cette simple branche d'olivier que consistait le si glorieux prix olympique. Pindare, Olymp., od, IX; Aristophane, Ptttl., T. 586; Pausanlas, VI, 15.