‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 203 sur 241 · Thucydide, V, 63. Cf. 49, 50, 65, et Diodore, XU · texte numérisé non relu

Thucydide, V, 63. Cf. 49, 50, 65, et Diodore, XU

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raser sa demeure*. Agis ordonna de .marcher aux Argiens. Mais un de ces vieillards Spartiates, chargés d'accompagner le roi dans toutes les expéditions pour lui servir de conseil, dit à Agis ces simples mots : « Tu « guéris un mal par un autres » n lui rappelait sa prudence exagérée de la veille, en même temps qu'il lui reprochait son excessive témérité du moment. Agis fit battre en retraite sur la Tégéatide. Ce n'était cependant qu'une fausse manœuvre destinée à attirer l'ennemi et à lui faire perdre l'avantage du terrain. Les généraux argiens ne s'y trompèrent pas. Ils voulurent conserver leur position. Mais des cris de trahison éclatèrent dans les rangs des hoplites, c Ce n'est pas assez, < disaient-ils, d'avoir laissé échapper une fois les Lac cédémoniens 1 faut-il les laisser s'échapper encore T » Devant l'exaltation de leurs troupes, les généraux se crurent obligés de modifier le plan primitif. Ils descendirent dans la plaine de Mantinée où l'armée campa, car la nuit s'était faite. Le lendemain au lever du jour, les divisions se formaient en bataille pour poursuivre l'ennemi, lorsque les Lacédémoniens, ignorant que leur fausse retraite eût ainsi trompé les Argiens, revinrent à leur position de la veille. Ils se décidaient

1 xax^ «otxîp lâo^i. Thucydide, V, 65,

3(l4 HISTOIRE D'aLCIBIADB.

sans doute à tenter l'attaque des côtes de rArtémision ^

La bataille de Mantinée (juîi^ ^IB av. J. G.}, une des plus importantes qui se fussent livrées depuis longtemps, eut donc deux journées, et aussi deux phases absolument distinctes, dont la seconde fut déterminée par l'ingérence dans le conseil des généraux d'individus étrangers i l'art tactique. Agis gagna la bataille parce qu'il se rendit à l'observation du vieillard Spartiate; les généraux argiens furent défaits parce qu'ils obéirent aux menaces de leurs troupes.

Quoique les chances de victoire semblassent être pour les Spartiates puisqu'ils avaient amené l'ennemi sur le terrain choisi par eux, ils se trouvèrent au début de l'action dans une périlleuse situation. Ils débouchaient des défilés de la Tégéatide et ne s'attendaient pas à rencontrer aussitôt les Ai^ens en ordre de bataille et prêts à les attaquer. Il leur fallait en quelques instants passer de l'ordre en colonne à l'ordre en bataille. Les Lacédémoniens, rompus aux manœuvres, ' exécutèrent ce mouvement avec une précision et une rapidité surprenantes^. Ils se déployèrent ainsi: les

2. Thucydide, V, 66. — L*ex-stratége athénien cite cette manœuvre a?ec admiration.

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Sciiites^ à Textréme gauche; les Néodamodes' et les Laconiensi vétérans de la campagne de Tbrace, à la gauche; les Lacédémoniens et les Arcadiens au centre; les Tégéates et quelques lochi* lacédémoniens à la droitie. L'aile droite de l'autre armée était occupée par les Mantinéens; le centre par les Arcadiens, les Mille d'Ârgos* et les autres hoplites argiens ; la gauche par les Athéniens, flanqués de leur cavalerie '.

1. Les Scirites étaient les habitants d'une contrée sauvage et montagneuse, située au nord de la LaconiOi sur les frontières de l'Arcadie. Perioïki eux-mêmes, c'est-à-dire hommes libres mais non citoyens, ils étaient distingués des autres perioiki à cause de leur valeur indomptable. A l'armée, ils formaient une classe intermédiaire entre les«Lacédémoniens oo Spartiates, et les Laconiens ; moins estimés que ceux-là, plus estimés que ceux-ci. Selon une antique institution, attribuée à Lycurgue, les Scirites étaient chargés de la garde du camp pendant la nuit; en marche, ils formaient Pavant-garde ; et en bataille, ils étaient souvent placés en réserve pour soutenir les lochi qui faibliraient. La Sciritide donnait six cents guerriers à Sparte. Cf. Xénophon, de Rep,, Lac. y XIII ; Cyrop, IV, 2 ; Diodore de Sicile, XII, 32.

2. Les Néodamodes étaient des hilotes affranchis pour fût de guerre.

3. Le Lokhos, commandé par le Lokhagos, était l'unité tactique des armées lacédémoniennes.

4. Les Mille d'Argos, corps d'élite formé des mille hoplites les plus forts et les plus braves de Tarmée argienne,

5. Thucydide, V, 69, 68. Cf. Diodore de Sicile, XII, 79. — Thucydide ne fixe pas le nombre des combattants, il dit seulement que les confédérés argiens-athéniens étaient numéi iquement inférieurs aux lacédémoniens. Il ajoute que les Spartiates présentaient un front de quatre cent quarante huit hommes rangés sur huit de profondeur; ce qui donne le chiffre de trois mille cinq cent quatre-vingt quatre hommes.

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Un Doavel ordre de bataille que tenta Agis faillit aussi compromettre ses troupes. Il avait remarqué que tout hoplite à l'attaque avait coutume, afin de se garantir le plus possible des traits de Fennemi, de s'abriter derrière le bouclier de son voisin de droite. Ce mouvement suivi, peut-être inconsciemment, par chaque homme du front donnait à la marche une direction oblique, d'où il résultait que dans les batailles rangées^ la droite d'une armée débordait toujours la gauche de l'armée ennemie, tandis que la gauche était débordée et exposée à être prise en flanc par la droite de l'autre armées Pour parer à ce danger. Agis ordonna aux Scirites qui formaient son extrême gauche de faire un changement de front à gauche (déclinaison du côté du bouclier, d'après les termes de la tactique grecque*). Par ce mouvement, qui donnait à la ligne

Mais Thucydide ne parle que des phalanges Spartiates proprement dites; il ne cite ni les Scirites, ni les Néodamodes, ni les Laconiens, ni les alliés, ni la cavalerie, ni enfin les troupes légères. On doit donc élever au moins i un chiffre triple les troupes de cette armée.

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