Plutarque, Akibiad.y XVI
preuves comme politique et comme capitaine, comme diplomate et comme orateur ; les plus acharnés entre ^ses ennemis lui reconnaissaient tous les talents et toutes les aptitudes. Était-ce son ambition T mais Périclès aussi était un ambitieux, et il avait rendu Athènes puissante et prospère. Étaient-ce donc ses débauches? mais Thémistocle» qui parut dans le Céramique en présence d'une foule immense, monté sur un quadrige que traînaient quatre courtisanes demi-nues S était aussi un débauché. Cependant, il sauva la Cité de Tinvasion barbare et fonda la puissance d'Athènes.
Timon haïssait l'humanité entière. Il ne frayait qu'avec deux Athéniens : un certain Apémantos, misanthrope comme Timon, et Alcibiade^, qui connaissait trop bien les hommes pour ne pas les mépriser. La haine de Timon et le mépris d'Alcibiade s'entendaient. D'ailleurs, les deux seuls citoyens que Timon fréquentât n'étaient pas à l'abri de ses morsures lycanthropiques. Un jour Apémantos soupant avec Timon lui dit: c Quel a bon souper nous faisons ici ! > — « En effet, » répondit Timon, « si tu n'y étais pas'. * Une autre fois, comme on l'a vu. Timon arrêta Alcibiade dans sa mar-