Plutarque, Aleibiad., XVI
TIMON Lfi MISANTHROPE. 369
« cette grandeur sera un malheur pour tous ceuxci*. »
Dans le cortège d'AIcibiade, composé d'admirateurs et d'envieux, on injuria et on menaça Timon. Quelques-uns pourtant rapprouvëreiît ; d'antres ne firent que rire de cet étrange propos*.
Ces derniers avaient raison» car Timon, n'étant ni
un oracle ni un proptiète, ne pouvait prévoir qu'Aie!biade serait l'instrument de la ruine d'Athènes. Il eût
fallu pour cela qu'il prévit le complot des hermakopides, le procès des mystères, le bannissement d'Aicibiade, l'inaction funeste de Nicias devant Syracuse, la témérité et la désobéissance d'Antiokhos dans les eaux d'Éphèse, le second exil d'Âlobiade, le dédain des stratéges à iBgos-Potamos pour les conseils de leur ancien chef, enfin toutes ces circonstances, tous ces événements aussi fatals qu'imprévus, que l'avenir cachait. Timon n'avait pas la seconde vue. Pourquoi eût-il embrassé les choses futures d'un seul regard? Quel indice lui faisait soupçonner qu'AIcibiade causerait le malheur de la cité ? Trouvait-il en lui plus de présomption que de capacités? Non. Déjà Alcibiade avait fait ses
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