‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 229 sur 241 · Plutarque, Nicias, XI · texte numérisé non relu

Plutarque, Nicias, XI

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employait bien comme Alcibiade à gagner des partisans par des libéralités et des splendeurs chorégiques» mais il le faisait à la façon d'an riche honteux, d'une manière détournée, et non avec cette magnificence, avec cette ostentation vaillante qu'on ne pouvait se défendre d'admirer chez Alcibiade. Le danger qui menaçait chacun explique pourquoi ces deux adversaires, Alcibiade et Nicias, hésitaient l'un comme l'autre à recourir à une proposition d'ostracisme.

Il y avait alors parmi les démagogues d'Athènes un certain Hyperboles, du dème de Périthoîs, homme bas et envieux, méprisé de tous, mais insensible à l'opinion et ^'enorgueillissant de dédaigner la gloire et de braver l'infamie ^ n exerçait le métier de fabricant de lanternes*. Sa profession et sa conduite vile faisait d'Hy perbolos la victime grotesque des poètes comiques*. Le peuple riait de lui sur le théâtre et le mésestimait dans la vie privée et dans la vie publique ;

xl. PluUrque.iiictbiad., XII ; i^tctox, XI.

2. Andocide, fr. VI. Or<U. Àttic. (édit. Didot) ; AriBtophane et le scoliaste, PaXy ▼. 680 sq. —Selon le scoliaste (ad Equit.i. ISOl) et Eupolis {Fragm. XC, frag. Comte, grâce, édit. Didot), Hyperbolos aurait été. potier, xepài&euc; mais, comme beaucoup de lampes étaient en terre, il n'y a pas contradiction.

3. Aristophane et le scoliaste, PaXf v. 680 sq.; NuheSf v. 550 sq., 6?0 et 1064; Tkesmophùr. v. 840 sq.; Aeham., v. 846; Vetp. T. lOl; Fragm. comie. grgic. : Cratinus, Ptl., XIV; Hot,^ XIV; Eupolis,

LE DÉMAGOGUE HTPBRBOLOS. 381

cependant il se servait souvent de ce misérable quand 11 voulait nuire par quelque calomnie à un citoyen de haute naissance ou lancer, au Pnyx, des attaques directes contre les magistrats ^ Selon un passage d'Aristophane, Hyperbolos avait acquis un certain ascendant sur la plèbe aussitôt après la mort de Kléon*. U se flattait sans doute de succéder au vainqueur de Sphactérie comme chef du parti avancé, lorsque l'arrivée subite et brillante d'Alcibiade aux afTaires, avec l'appui de ce parti, le fit tomber de ses ambitieuses es** pérances. Il voua une haine profonde à son victorieux rival ; haine que les succès d'Alcibiade et l'enthousiasme du peuple accroissaient et avivaient sans cesse. Si, comme Nicias et les oligarques, Hyperbolos n'osait pas attaquer directement Alcibiade devant les Héliastes, par crainte de la condamnation qui menaçait les délateurs convaincus d'imposture, il n'avait pas les mêmes hésitations que ceux-ci à recourir à l'ostracisme. Hyperbolos ne redoutait pas cette loi qui ne pouvait l'atteindre. Ce bouffon de la multitude était

CivitaUs,Xl\incert.fragm., XC;PlatoD le Comique, fTyperboIof^I-VU; Plutarque, Aleibiad., XIII; le scoliaste de Lucien, Timon. , XXI.

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