L*OSTRACISME
de courage qu'on ne le croit communément; et Ton conçoit l'hésitation bien naturelle des adversaires d' Alcibiade à déposer contre lui devant les dikastes une accusation quand ils risquaient fort de ne pouvoir en fournir les preuves.
A défaut d'un procès public que les partisans de Toligarchie n'osaient se hasarder à intenter à Alcibiade, ils avaient un autre moyen de se défaire de lui. 11 leur fallait provoquer un vote d'ostracisme qui aboutirait sans doute au bannissement d'Alcibiade, comme étant aux yeux de tous le plus puissant citoyen de la ville. Mais l'ostracisme était une lame à deux tranchants qui pouvait se retourner contre celui même qui l'avait tirée du fourreau. L'ostracisme menaçait également l'impo* pulaire Nicias et le trop populaire Alcibiade. Autant celui-ci était détesté et jalousé d'une fraction des citoyens à cause de sa conduite désordonnée, de son luxe extravagant, de ses succès de guerre et de politique, de son influence sur le peuple, autant celui-là était hsl d'une autre partie de la population à cause de ses opinions aristocratiques, de sa vie retirée et insociable, de
sa coutume de s'opposer toujours à la tribune aux désirs de la majorités enfin de ses richesses. A la vérité, il les