Plutarque, Aristide^ VII; Aleihiade, XIU; Nicias, XI
4. « On doit conclure de cet événement que Pavenir est difficile à « bien juger et échappe à nos raisonnements. Si Nicias se fût exposé
■ avec Alcibiade au danger de ce bannissement, ou il aurait triomphé,
■ et alors chassant son ennemi d'Athènes, il serait resté en toute sôcu- « rite le maître des affaires; ou vaincu par Alcibiade^ il serait sorti
■ de la ville avant ses suprêmes infortunes , * (l'expédition de Sicile), « et aurait conservé la réputation d'un excellent stratège. » Plutarque, Nicioif XI.
BANNISSEMENT d'HYPERBOLOS. 387
la faction d'Hyperbolos, lequel pour cette fois eût voté avec les oligarques afin de perdre Alcibiade, celui-ci courait plus de risques que Nicias.
La coalition conçue par Âlcibiade eut un plein succès. On se concerta dans les hétairies. Avertis par leurs chefs, le parti aristocratique et le parti populaire firent cause commune. Les voix dont disposait Alcibiade se réunirent aux voix appartenant à Nicias. Au jour du vote j le dépouillement des coquilles et des tessères donna six mille suffrages contre Hyperbolos. La sentence du Peuple était sans appel : le démagogue fut bannie
Les Athéniens commencèrent par rire et par se féliciter du résultat de ce vote *. Bientôt après, ils le déplorèrent. Ils s'indignèrent d'avoir deshonoré l'ostracisme en l'employant contre un être aussi méprisable ';
1. Plutarque, Aristide, VU; Àlcibiad., XIII; Nicias, XI; Fragmenta Comicorum Grâeeorum, Platon le Comique, p. 246 et 248, sq.
2. Ce vote d'ostracisme eut lieu vraisemblablement vers la fin de Tannée 416 , à l'époque de la prise de Mélos, et peu après la dernière expédition d'Alcibiade à Argos. Cf. Grote, Histoire de la Grèce ^ t. X, p. 52, sq; Thirvall, History ofGreece, t. 111, p. 360, sq ; Hertzberg, Alkibiades der Staatsmann und Felàherr^ .p. 113; Chambeau, de Alcibiade , p. 32; Meineke et Bothe Argum. fahuL Hyperboli, {Corn. Grœc. édit. Didot, p. 248).
3. Plutarque, Nicias, XI ; Aristide, VII. — Le bannissement d'Hyperbolos occupa tellement l'opinion publique, que Platon le Comique écrivit à ce qu'il semble une pièce sur ce sujet. (Meineke et Bothe, ArgumerUum Hyperboli fabulx, in Fragmentis Comicorum Gr^S"
ilsregrettèrent d'avoir abandonné inconsciemment cette puissante sauvegarde de la souveraineté populaire. L'exil d'Hyperbolos est le dernier exemple d'ostracisme. Cette institution fut abolie ^ L'application à contresens de la loi tua la loi.
Par le banissement d'Hyperbolos, Alcibiade n'avait pas seulement détourné un péril imminent : il avait à jamais brisé l'ostracisme, cette arme redoutable qui menaçait sans cesse les puissants et les ambitieux.
corum, p. 248, édit. Didot). On en a conservé quelques fragments. Celui-ci donne bien Topinion des Athéniens sur cette sentence :
KaCrot icéicpayt tiuv icpÔTCov |i&v £(ta^ aOxoû 5i xaOrûv axty\L6LXtù'v àvàÇia* oO Y^p TOioljxuv oOvex* Sorpax' s^P^Oy)* 1. Plutarque, Arûttd.) Vll; Nidaty XI ; Paradys, de OttrasHimo Aiheniensium, III, 11.
FIN DU TOUB PREiaBR.