‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 3 sur 241 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

contemporaiils l'ont jugé sévèrement : ils Font condamné à mort. La postérité la jugé plus sévèrement : elle Ta dédaigné. Il semble qu'on le considère non comme un personnage du grand drame héroï-KSomique des âges évanouis^ mais comme un comparse. C'est à peine si on ne Tarrache pas du champ de l'histoire ainsi qu'un parasite. On oublie son triomphe au Jeux Olympiques^ ses succès à la tribune, ses victoires sur l'Hellespont, pour ne se souvenir que de la queue de son chien; on ne se rappelle pas qu'il présida dix ans aux destinées de la République d'Ath^nes^ qu'il fut vainqueur dans vingt batailles^ qu'il fiit pendant un quart de siècle le deus eœ machina de tous les événements qui ébranlèrent la Grèce^ la Sicile et rionie; mais on sait très-bien qu'il eut des maîtresses et des chevaux^ qu'il portait des chaussures faites d'une certaine façon^ qu'il élevait des cailles et qu'il avait un amour sur son bouclier. Les historiens s'évertuent en vain à montrer Alcibiade dans sa vie publique; c'est toujours l'Alcibiade de la vie privée , l'Alcibiade de la légende^ qui s'impose à l'esprit. La plupa^rt des historiens, au reste^ paraissent avoir cheiché à noyer dans les faits de l'histoire d' A thés es le grand rôle d' Alcibiade. Tel n'a pas été notr^ dessein. Nous avons tenté de fah'e ressortir et dc« mettre au point qu'elle mérite cette puissante %ure.

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