Le scoliaste d'Aristophane, Àves, v
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plus grand capitaine comme le plus grand orateur de son temps; qui devait inspirera tous les Grecs une telle idée de son pouvoir qu'ils allaient bientôt penser « que € pour lui rimpossible n'existait pas * ; » qui devait avoir une si grande influence sur les affaires de la Hellade que^ dans le cours de sa vie politique etHÛlitaire, on saurait à la victoire ou à la défaite d'un parti qu'Alcîbiade le commandait ou le combattait; enfin, qui devait recevoir du Peuple Athénien le triomphe, et des prêtres d'Olympie cette palme sacrée, semblable à une apothéose. Aucun Athénien ne revendiquait une plus haute origine. < Ma famille ne remonte-t-elle pas jusqu'à Zeus? » disait Alcibiade^ non sans une certaine ironie ^. Par son père Kllnias, fils d'Alcibiade l'Ancien, Alcibiade était Éacide '; il descendait d'Ajax le Télamonien, roi
1. Nihil eum non effieere pos$e ducehant, Comelias Nepos, Alei" biad, vu.
2. Platon, Prim, Àlcibiad. , p. 120. — Alcibiade, élève de SocraU et des sophistes^ était ce qu'on appelle aujourd'hui un esprit fort. Aussi, quoiqu'il se plût par orgueil à rappeler souvent qu'il descendait de Zeus (Jupiter), il ne le disait pas d'un ton bien convaincu* D'ailleurs la grande foule des AtbénieDS, si religieux encore et si respectueux des choses du passé, ne songeait pas à s'étonner de ces prétendues origines divines ou héroïques. Il n'y avait pas alors à Athènes une seule fainille Eupatride, remontant à plus de trois siècles, dont l'arbre généalogique n'eût ses racines dans les temps légendaires.
3. Les Éacides descendaient d'un fils de Zeus, Éaque, qui durant sa vie fut roi de Salamine, et qui devint après sa mort un des trois juges des
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de Salamine ^ Par sa mère Dinomakhè, fille de Hégakiès le Jeane, Âlcibiade appartenait à l'illustre famille des Alcméonides '•
A eax seuls, les aïeux légendaires et historiques d'Alcibiade rappellent toute l'histoire d'Athènes. Du côté paternel, c'est Ajax 9 l'un des héros du siège de Troie, qui conduisit, dit Homère, « douze vaisseaux noirs
Enfers. Eaque eut deux fils, Tâamon^ père d'Ajaz, et Pelée, p^e d'Achille.
1. Platon, Prtm, Alcibiad., p. 120; Plutarque, Aleihiad.y I; SokUj X; Isocrate, de Bigis, 10; Produs, m Plat. Àlcihiad, I, p. 1145 ; Meursius, Lectiones Atticœ, p. 333, sq.; Wischer, Alkibùidet vnd Lytandros , p, 15; Wiggers, Quœst. de Alcîbiad., p. 60; Ghambeau, de Alcibiade, dissertât., p. 12, 15; Hecker, de Alcibiadis morUms, p. 21, 22, 23; Hertzberg, Alkibiades der Staatsmann und Feld-^ fcerr, p. 18.
1 Plutarque, Aleih., I; Isocrate, de Big. 10; Platon, Prim, Akih,, p. 104, 121; Lysias, C. Alcihiad. Minor.j I, 33. Cf. Thucydide, V, 43; Suidas, s. y. 'AXxi6iaÔT)c; Valère Maxime, 111,1; Aulu-Gelle, Noct. AUie.y XY, 17 ; Cornélius Nepos, Alcib,, I; Libanius, Declam., XXIX ; Keursius, Lectiones AUiex, p. 333, sq.; Haupmann, Alcibiades AndoeifUus (dissertation insérée dans les Oratores grœci de Reiske, t. VIII, p. 575); Chambeau, de Alcihiad. dissert., p. 12-15; Hecker, de Alci" Wod. morib., p. 21, 22, 23; Wiggers, Quœst. de Aldbiad,, p. 60; Wischer, Alcihiad. und Lysand., p. 15; Hertzberg, Alkihiades der Staatsmann und Feldherr, p. 20, sq.
Démosthène {adv. Mid., 144) dit que c'est par son père qu'AIci-* biade était Alcmôonide; mais cette assertion, qui est absolument en contradiction avec les autres témoignages anciens, moins postérieurs à l'époque d'Alcibiade que le plaidoyer contre Hidias, et qui, de ravis de commentateurs, est peut-être due à une erreur de copiste, n'a plus à être discutée* La question a été résolue.
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sur les rivages barbares ;» c'est Eurysacès qui fit don à Athènes de Tile de Salamine et auquel les Athéaiens décernèrent les honneurs divins et élevèrent un autel qui subsistait encore du vivant de Pausanias * ; c'est Kilnias l'Ancien, l'ami et le conseiller de Solon * ; c'est Alcibiade l'Ancien qui, conjointement avec Kllsthènes, ramena les exilés à Athènes, chassa les tyrans et établit la démocratie ' ; c'est Rltnias, deuxième du nom, qui eut pour fils le stratège Kléopompos, vainqueur de Lokriens à Alopè * ; c'est enfin, le père même d' Alcibiade, Kltnias, troisième du nom, qui se conduisit en héros au combat d'Artémision, à bord d'une trirème équipée à ses frais, et qui tomba glorieusement à la sanglante bataille de Goronée ''.