‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 32 sur 241 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La noblesse à Athènes. — Les Enpatrides et les Plébéiens. — Généalogie d'Alcibiade. — Rôle des Alcméonides dans Thistoire d'Athènes. — Klinîas père d'Alcibiade. — Bataille de Ghéronée. — Mort de KUnias. — Pérîclès tuteur d'Alcibiade. — L'éducation athénienne. — Yie intime de Pendes. — Aspasie. — Premières années d'Alcibiade. — Péridès et Alcibiade.

La constitution athénienne, essentiellement égalitaire, accordant à. tous les mêmes droits, exigeant de tous les mêmes devoirs, ne pouvait faire aucune distinction entre le descendant d'une ancienne famille

eupatride et le fils du plus humble artisan. Le beau titre de citoyen qui rendait égaux les fils d'Athènes et auquel avait droit tout Athénien né de parents libres, était le seul reconnu par la loi. Le peuple, au contraire) quelque jaloux qu'il fût de l'exercice de ses droits démocratiques et de la plénitude de sa souveraineté» admettait une certaine distinction entre les plébéiens et les nobles. « Que tu te « tiens d'une façon vulgaire, Ëpigènes I — Aussi, < Socrate, répondit Ëpigènes, suis-je un plébéien. * »

Le peuple faisait d'instinct entre les plébéiens et les Eupatrides cette différence qui, n'étant pas prescrite par la loi, n'apportait ni à l'une ni à l'autre de ces deux classes aucun privilège, aucune prérogative. A l'époque d'Alcibiade , quelques gens eupatrides comme les Eumolpides, les Géryces et les Étéobutades * avaient conservé à titre d'héritage le droit exclusif de remplir certains sacerdoces, de présider cer-

% 'û; Idiemxûc, gçTj, xb c&\ul Ixeic, w 'Em'Yeve;. Kal ô;, ISicon) fàv, IçTQ, t\\kiy & £(i^xpaTT)c. Xénophon, Memoràb., in, 12.

2. La famille des Eumolpides, descendant d'Eumolpos, fils de Pose don (Neptune) et fondateur des mystères d'Eleusis, conserva toujours le sacerdoce du temple de Démèter (Cérès). De père en fils, les Eumolpides étaient prêtres d*Éleusis. Les Céryces, issus de Céryx, étaient hérauts sacrés d*fileusis. Le sacerdoce du temple d'Athènô (Minerve) appartenait aussi à une ancienne gens, les Étéobutades. Cf.

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taines cérémonies religieuses, d'offrir certains sacrifices. Hais de leurs antiques privilèges il ne leur restait que cette seule prérogative.

Qaoique la haute naissance ne donnât aucun privilège, elle était cependant un double titre à l'intérêt de la multitude. D'une part, les Grecs estimaient que les vertus etles grands sentiments se transmettaient de

père en fils ^ ; d'autre part, le descendant d*un homme illustre était à leurs yeux un vivant souvenir des

fastes helléniques. La naissance était encore profitable en ce qu'elle mettait en vue le jeune citoyen dès Tflge et même avant l'âge où il entrait aux affaires. Ces avantages d'une antique origine étaient si peu méconnus à Athènes que certains citoyens se dressaient de fausses généalogies '.

Si en effet la naissance illustre inspirait l'intérêt de la multitude, et de là facilitait l'accès aux grands râles politiques, Alcibiade était marqué d'avance pour les succès de la tribune et le commandement des armées. H semblait prédestiné, cet enfant qui devait être le

Plotarque, Vit. X. Orat. Lycurg, i ; Pausanias, I, 21 37 ; Harpocration^ Hésychius et Suidas, s. v. E0(jio>m89ti et 'ExcoSuTaSat ; Mém. de l'Àcad. des Inscriptions, t. XVIII, p. 60, sq. et t. XXIII, p. 51, sq.

1. Aristote, cité d'après Stobée par Fabricius, Biblioth* GraCy L XII, p. 275 ; Plutarque, de Nobilitat.

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