‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 5 sur 241 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Mais quand on lit certains historiens modernes, principalement les Allemands^ on se convainc que le mot de Voltaire ne doit pas être absolument oublié. Certes dans les histoires de Tantiquité^ il y a* bien des points obscurs^ des questions encore en litige^ des &its confus qui exigent la discussion. Il ne suffît pas de préférer telle leçon à telle autre, de suivre cette version et de repousser celle-là; il faut exposer les motifs de ces préférences et de ces exclusions. Faut-il pour cela^ à l'imitation des érudits d*Outre-Rhin, tomber en plein récit dans de longs débats scolastiques^ absolument oiseux pour tout autre que pour les hommes du métier^ qui coupent la narration , noient le fait, enlèvent la rapidité et l'unité du livre ? On veut être plus clair^ on n'est que confus. Nous ne pouvions pas en conscience nous affranchir de telles discussions ; mais comme nous craignions de lutter contre l'écueil que nous connaissions en les intercalant dans le texte, nous les avons rejetées toutes dans les notes, au milieu des citations d'auteurs et des indications de sources. Nous avons voulu faire des notes le commentaire du texte. Une fois notre opinion bien établie, nous exposons le fait d'une façon

iBiicographeSy tels que PoUux, Suidas, Harpocration, HésychiuSi qui n'ont pas été réimprimés depuis le siècle de Louis XIV. Pour les auteurs latins, nous ayons eu les éditions de Panckoucke> de Nisard, et de bonnes éditions des deux siècles derniers.

PRiFACX. XI

plus OU moins affinnative^ et nous ne donnons les pièces du procès que dans les notes. Là^ le critique et Térudit pourront les consulter ; le public du moins en sera délivré.

Pour le sujet que nous avons entrepris de traiter^ les documents sont innombrables. N'avionsnous pas Thucydide^ Xénophon^ Cornélius Nepos^ Plutarque^ Diodore de Sicile et Justin? Ne devions-nous pas leur joindre Aristophane^ Antiphon, Andocide^ Isocrate^ Lysias^ Platon^ Démosthène, — tous , sauf ce dernier, contemporains d*Alcibiade; puis les fragments des Comiques, des Orateurs et des Historiens Grecs, ces trois mines précieuses et inépuisables? Il va sans dire que les scolies qui existent des auteurs précités ont été mises à profit par nous, ainsi que le Corpus Inscription num Graecarumde Boeckh; et nous ne parlons que pour mémoire des autres écrivains de Tantiquité dans lesquels nous avons puisé mille et mille renseignements sur les hommes, les institutions et les coutumes de la Grèce. C'est Pindare, c'est Hérodote, c'est Euripide, c'est Aristote, c'est Théophraste ; ce sont aussi Cicéron, Lucrèce, Horace, les deux Élien, Athénée, Pausanias, Quintilien, Diogène de Laërte, Lucien , les lexicographes, Aulu-Gelle, PoUux, Strabon, saint Justin, saint Clément d'Alexandrie. Mais pourquoi continuer cette fastidieuse énumération? Ne saison pas que ce

XU PRÉFACE.

qui aide à tout travail sur ces époques^ c est le corps entier des auteurs anciens^ depuis le grand monument homérique jusqu'à la dernière fleur de TAnthologie.

A notre premier livre, on nous avait reproché de nous être servi presque exclusivement des écrivains de l'antiquité. Cette fois nous avons conféré les documents grecs et latins avec les historiens^ les archéologues et les commentateurs modernes. Nous avons consulté les belles histoires de la Grèce du docteur Thyrvall, de Victor Duruy et de George Grote^ ainsi que les thèses^ les dissertations et les livres spécialement consacrés à Alcibiade \

Page 1