XIV PRÉFACE
sommes éclairé des œuvres des savants des trois siècles derniers et du siècle présent. Parmi les initiateurs de l'antiquité que nous avons le plus souvent questionnés^ nous avons à cœur de citer Meursius, Bayle, Fabricius, Vossius, les auteurs des Mémoires de V Académie des Inscriptions, Fréret, Ottfried MuUer, Hermann, Meïer, Schœmann^
espérant y trouver quelque jugement ingénieux, quelque idée originale, les œuvres d'imagination qu*a inspirées la romanesque existence d'Alcibiade. Ce sont : Alcibiade Fanciullo a Scola (Orange, 1652, in -16), ouvrage libertin pour lequel Tauteur a emprunté seulement le nom et non le personnage d'Alcibiade. — Lettres Athéniennes, extraites du portefeuille d'Alcibiade, par Crébillon fils (Paris, 1765, 2 vol. in-12), livre spirituel mais naturellement sans aucun caractère historique. Crébillon n'y montre môme pas un vague sentiment des mœurs qu'il dépeint. — Alcibiade enfant, jeune homme, homme fait, vieillard (sic), roman dialogué de A. G. Meissner, imité de l'allemand par Raughil Lieutaud (Paris, 1789, 4 vol. in- 12). Ce livre absolument ridicule, ainsi qu'on le voit par son titre et qu'on le verrait bien plus si on avait le courage de le lire, a pourtant la prétention injustifiable de n'être qu'à demi romanesque et de peindre « sous la forme piquante du dialogue» les mœurs du temps d'Alcibiade. Pour donner une idée de l'exactitude de la couleur locale qui y règne, disons seulement qu'on y voit Alcibiade faisant des châteaux de cartes avec ses jeunes amis, — Enfin, une Histoire d^Aldbiadef contenant le récit des événements les plus mémorables de la Grèce du temps où vivait ce célèbre général athénien, par J. H. Joanin (Paris, in-8, 1819). Dans cette prétendue histoire, il semble que l'auteur n'a fait que remettre en récit les dialogues enfantins de Meissner. Cet ouvrage, écrit dans le style pompeux du temps, a à peu près la même valeur historique que les Lettres Athéniennes. — Népomucène Lemercier a fait aussi une tragédie, ou plutôt un drame historique sur Alcibiade.