‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 84 sur 241 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Athènes pendant la première partie du cinquième siècle (500- 430f ay. J. C); les guerres médiques; victoires des Athéniens ; traité de Délos; réformes politiques; épanouissement des arts; apogée de la puissance athénienne. — Haines suscitées dans les grands États de la Grèce par la suprématie d'Athènes. — Doriens et Ioniens, oligarchies et démocraties. — Causes de la guerre du Péloponnèse. ^ Décret contre Mégares (432), — Révolte de Potidée. — Les armements à Athènes. — Siège de Potidée (431). — Alcibiade devant l'ennemi. — Premières invasions de TAttique. — La peste à Athènes. — Condamnation de Périclès. — Sa réélection et sa mort (430-429).

Cest alors que la fortune a élevé les nations aux plus hauts sommets qu'elle est près de les abandonner. L'excès de leur puissance précipite leur chute. Pour les grands empires, c'est le démembrement ; pour les petits États, c'est rabaissement ou l'asservissement.

n en fut ainsi pour Athènes. La seconde période du nnquième siècle la vit à Tapogée de la grandeur. Ce

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siècle ne passa pas sans avoir été témoin de sa ruine. Par sa vitalité le Peuple Athénien reconquit bientôt, il est vrai, son indépendance, son autonomie , sa vie politique ; mais jamais il ne recouvra le demi-siècle de gloire, de splendeur et de force qu'il avait eu sous Périclès.

La rapidité de la chute d'Athènes n'a d'égale que la rapidité de son élévation. En 499, au commencement de ce cinquième siècle dans le cours duquel Athènes devait atteindre au plus haut degré de la prospérité glorieuse et toucher au dernier terme de la désolation , qu'était-ce qu'Athènes ? Un petit État dont l'histoire se bornait à quelques rares expéditions contre les Eabéens et les Éginètes, et à des luttes intestines, à des révolutions armées ou pacifiques ; un peuple qui ne s'était pas mêlé, comme l'avait fait la plupart des grandes villes grecques, aux longues guerres de Hessénie; une cité bien inférieure à Sparte qui étendait alors sa suprématie sur la moitié du Péloponnèse , et qui était redoutée non-seulement par tous les Grecs mais encore par les Asiatiques; une ville à peine égale à Ai^os, à Mégares, à Thèbes,à Gorinthe, à Égine, à Sicyone.

Au sixième siècle, les Dorions auraient pu, sans trop d'injustice, dire d'Athènes l'Ionienne ce qu'on disait de l'Achaïe : < qu'elle s'efforçait de ne point

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c prendre parti dans les affaires générales de la Hel- « lade, et qu'elle se félicitait de son obscurité. »

Hais la période de gestation dans laquelle Athènes se recueille va expirer. Les clameurs des Barbares qui accourent du fond de la Perse, de la Hédie» de la Thrace, de THyrcanie, de l'Inde, de l'Arabie^ de l'Ethiopie^ de l'Assyrie et de cent autres contrées ^ pour asservir la Grèce, brûler les temples sacrés, raser les villes, réduire les citoyens en esclavage, en hâtent le terme. Alors Athènes se révèle au monde grec. Elle était en reste avec l'hifitoire ; l'histoire devient sa débitrice. En moins d'an demi-siècle, le génie collectif du peuple athénien, mû et conduit par le génie individuel de Miltiade, de Thémistocle, d'Aristide, de Gimon, d*Éphialtes et de Périclès, conquiert toutes «les gloires, toutes les renommées, toutes les puissances, toutes les forces, toutes les grandeurs, et fait resplendir autour d'Athèues une radieuse auréole dont les dernières générations humaines verront encore l'éclat.

Tandis que les Spartiates meurent en héros aux Thermopyles, les Athéniens vainquent les Perses sur

terre et sur mer. Miltlade les bat à Marathon et à l'Artémision: Thémistocle les écrase à Salamine; Xanthippos les défait à Mycale; Aristide les massacre

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